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lundi 4 septembre 2023

NINE PERFECT STRANGERS Série fantastique de David E. KELLEY et J.-Henry BUTTERWORTH (USA-2021)

 


Nine Perfect Strangers est une mini-série américaine en huit épisodes d'environ 49 minutes créée par David E. Kelley aux côtés de John-Henry Butterworth, lancée le 18 août 2021 sur la plateforme Hulu. Il s'agit d'une adaptation du roman Nine Perfect Strangers de la romancière australienne Liane Moriarty, publié en 2018. Elle est actuellement programmée sur M6 et disponible en replay gratuit sur le site de la chaîne.

Présentation

Neuf « parfaits étrangers » se retrouvent pour une retraite de 10 jours dans un centre de remise en forme haut de gamme dirigé par l’énigmatique Mascha (Nicole Kidman). Parmi eux il y a :

- Frances Welty (Melissa McCarthy), un auteur à succès qui vient d’essuyer un refus cinglant de son éditeur pour son dernier roman ;

- Napoleon Marconi (Michael Shannon), sa femme Heather (Asher Keddie) et leur fille Zoe (Grace Van Patten), qui sont là pour surmonter le décès de leur fils, frère jumeau de Zoé.

- Lars Lee (Luke Evans)

- Jessica Chandler (Samara Weaving), une influenceuse et son mari Ben (Melvin Gregg), qui tentent de sauver leur mariage.

- Carmen Schneider (Regina Hall)

- Tony Hogbum (Bobby Cannavale)

L’équipe autour de Masha est formée de Yao (Manny Jacinto), Delilah (Tiffany Boone) et Glory (Zoe Teraques).

Chacun des invités s’attend à ce que son séjour lui apporte une amélioration de son état, que ce soit sur le plan physique ou mental mais aucun ne s’imagine ce qu’il va vivre.

Mon opinion

On pourrait traduire "Nine perfect strangers" de deux manières en français : soit "Neuf parfaits étrangers", soit "Neuf étrangers parfaits". Effectivement, ces neuf personnes au parcours complètement différents sont, lorsqu'ils arrive à ce que l'on pourrait appeller un "centre de remise eb forme" (mais qui s'avérera bien autre chose !) sont neuf étrangers qui visent la perfection. Le titre est bien trouvé et empreint d'une subtilité qui donne bien le "la" de cette mini-série étonnante, pétrie d'étrangeté et dont les personnages sont aux antipodes de la perfection. Dès le départ, on sent que les choses ne vont pas être simples ni idylliques. La maison, futuriste, est perdue au milieu d’une nature magnifique. Et ça ne rate pas. Déjà, le générique, avec une musique qui m’en a rappelé d’autres (i.e. Dollhouse, Ghost whisperer…) nous sommes déjà dans l’ambiance. Il est d’ailleurs, comme souvent avec les séries américaines, très réussi, avec des images psychédéliques et dérangeantes (celle du scolopendre, très furtive, mais présente). Et la minisérie tient ses promesses avec des personnages attachants qui glissent doucement dans la folie, s'y perdent avant de se retrouver. La fin est cependant un peu décevante, comme si les scénaristes n’avaient pas su écrire le mot fin ou si on les y avait forcé (la série, prévue pour avoir une suite, n'en aura finalement pas). Remarquable prestation de tous les comédiens (inconnus de moi jusque-là), sauf, bien entendu Nicole Kidman dans un rôle en équilibre instable entre douceur, brutalité et folie qui n’est pas sans rappeler celui qu’elle jouait dans Les autres, le film troublant d'Alejandro Amenabar  

vendredi 24 janvier 2020

SCANDALE film dramatique de Jay ROACH (USA-2020)



Scandale (Titre original : Bombshell) est un film dramatique américain réalisé par Jay Roach, sorti en 2019. Il s'inspire de faits réels sur les accusations contre Roger Ailes, cofondateur de la chaîne d'information câblée Fox News.

Résumé

Le film se déroule en 2017, peu avant l’élection de Donald Trump, et retrace l’affaire de harcèlement sexuel qui a secoué la chaîne ultra-conservatrice Fox News après que Gretchen Carslon (Nicole Kidman), l’une de ses présentatrices vedettes ait accusé son PDG Roger Ailes (John Lithgow). Elle sera rejointe dans son combat par deux autres présentatrices de renom, Megyn Kelly (Charlize Theron) et Kayla Pospisil (Margot Robbie). Elles seront rejointes par plusieurs autres plaignantes qui n’auraient jamais parlé sans leurs révélations. Ce scandale a précédé de quelques années et ouvert la voie au mouvement #metoo et à celui qui a conduit à l’arrestation et au procès du magnat du cinéma Harvey Weinstein. Après le licenciement de Ailes, Fox News, qui appartenait au magnat Rupert Murdoch (Malcolm McDowell) fut reprise en mains par ce dernier qui continua dans la même ligne éditoriale et poursuivit son soutien à Donald Trump.

Mon opinion

Ce film est intéressant malgré une première partie très confuse. Cette confusion a peut-être été voulue par le scénariste qui a essayé de rendre l’aspect ambigu du combat de ces femmes hésitant entre leur ambition et le souhait de faire tomber leur monstre de patron. Le problème est aussi, pour nous européens, de s’y retrouver tant ces actrices sont formatées sur le modèle de poupées Barbie (elles sont toutes blondes, grandes, minces et élégantes). Sans doute, là aussi, est-ce voulu puisque Roger Aisles, le prédateur, les voit ainsi et, si elles ne correspondent pas à l’image qu’il s’en fait, les jette comme de vulgaires kleenex. Cela donne un film aseptisé, qui manque de substance, devant lequel le spectateur reste froid alors que l’on devrait s’enthousiasmer du combat de ces femmes et applaudir leur courage.     

A voir aussi :




mercredi 22 mars 2017

LION film de Garth DAVIS (2016)


Lion est un film américano-britannico-australien réalisé par Garth Davis, sorti en 2016. 

Résumé

Ce film est basé sur une histoire vraie, celle de Saroo Brierley, racontée dans son livre autobiographique A long way home

Lorsque le film commence, on voit Saroo (Sunny Pawar), un enfant indien pauvre de cinq ans, et son frère aîné Guddu (Abhishek Bharate), risquer leur vie en montant sur un train en marche pour y voler du charbon. Ils revendent ensuite ce charbon contre deux portions de lait qu’ils s’empressent à rapporter à leur mère. 

Les deux garçons, leur petite sœur et leur mère vivent dans une misérable maison du quartier de Ganesh Talai dans la ville de Khandwa dans l'État du Madhya Pradesh. 

Un soir, Saroo insiste pour accompagner Guddu, qu'il adule, à la gare de Khandwa. D'abord Guddu  refuse puis il cède à l'insistance de son petit frère. Pendant que Guddu explore les wagons des trains à quai à la recherche de menue monnaie ou d’objets perdus par les voyageurs,  Saroo dort sur un banc . Lorsqu’il se réveille, la gare est vide et le petit garçon s’affole. Montant dans le premier train à l’arrêt, il se met à chercher son frère. Epuisé et désespéré, il finit par s'endormir sur une banquette alors que le train démarre. Quand il se réveille enfin, le train roule à grande vitesse. Les voitures sont vides et les portières sont bloquées. Le train ne s’arrêtera que deux jours plus tard, après avoir parcouru 1600 km. Il finira par s’arrêter à Calcutta, une ville située à l’opposé du village de Saroo. Perdu dans l’immense cité, ne parlant pas le bengali (sa langue est l'hindi), il erre en compagnie d'autres enfants et, après plusieurs péripéties où il risque sa vie, il est finalement enfermé dans un asile pour enfants des rues dont on ne sait s’il s’agit d’un orphelinat ou d’une prison. Quelques mois plus tard, les autorités n’ayant pas réussi à retrouver sa famille, il est proposé à l’adoption et envoyé en Australie où il est élevé par un couple qui vit à Hobart, en Tasmanie.

Arrivé à l'âge adulte, intégré à la société australienne, Saroo (DevPatel) se lance dans des études supérieures de tourisme mais, lors d’une réunion chez des étudiants indiens, des souvenirs de son enfance lui reviennent avec une violence inouïe. A partir de là, il n’a de cesse que de tenter de localiser son village d’origine et faire savoir à sa mère qu’il est toujours vivant et en bonne santé. Cette recherche, pour laquelle il s’aide du logiciel Google Earth, finit par l’obséder à tel point qu’il en perd le sommeil, abandonne ses études et se sépare de sa petite amie…

Après plusieurs années de recherche où il s’enfonce de plus en plus dans la dépression, il est sur le point d’abandonner sa quête mais le hasard lui fait retrouver le nom de son village. Ayant renoué les liens avec sa famille d’adoption et sa petite amie, il décide de repartir en Inde pour y retrouver sa mère biologique, âgée mais toujours en vie, sa sœur adolescente alors qu’il l’avait quittée bébé. Mais, lorsqu’il demande des nouvelles de son grand frère Guddu, qu’il adulait, il apprend qu’il a été fauché par un train la nuit-même où le train l’a emporté loin des siens.

Mon opinion sur ce film


Ce film pose le problème de l’adoption et de la recherche de leur identité par les enfants adoptés. J’ai d’autant plus été ému par ce cas qu’outre la misère extrême dans laquelle vivent certains enfants de par le monde, le cas de Saroo m’a rappelé celui d’enfants adoptés que je connais personnellement. Si je suis aussi allé voir ce film, c’est pour Dev Patel, un acteur anglais d’origine indienne, dont je suis l’évolution depuis que je l’avais découvert dans Skins. Jusque-là, il avait montré une énergie extraordinaire dans les rôles dans lesquels je l’avais vu, que ce soit dans Slumdog millionaire ou Indian Palace,… Il est presque méconnaissable dans celui de Saroo adulte, qui demande une intensité et une concentration démontrant une autre facette de son talent. Un mot aussi des autres acteurs : Nicole Kidman, qui joue le rôle de sa mère adoptive australienne est d’une grande justesse. Quant à Rooney Mara, dans celui de Lucy, la petite amie de Saroo, elle est aussi parfaite. Mais la palme revient au petit Sunny Pawar, le jeune acteur indien qui joue le rôle de Saroo enfant. L’énergie et la sincérité que déploie ce gamin sont impressionnantes.  Originaire de Mumbai (Bombay) en Inde, le garçon a été repéré dans une école pour enfants défavorisés et signe ici son premier rôle. A l'époque, il ne parlait pas un mot d'anglais. S'il vit toujours avec sa famille à Mumbai, une carrière d'acteur semble lui ouvrir les bras puisqu'il va tourner dans le film Love Sonia, aux côtés de Demi Moore. Souhaitons-lui de faire une aussi belle carrière que Dev Patel.      

mercredi 11 février 2015

CALME BLANC (DEAD CALM) thriller de Phillip Noyce (AU-USA 1989)


Calme blanc (Dead calm) est un thriller américano-australien de Phillip Noyce avec Nicole Kidman, Sam Neill et Billy Zane, sorti en 1989. Le film est une nouvelle adaptation d'un livre du même nom de Charles Williams qu'Orson Welles avait déjà tenté d'adapter en 1970, sans y parvenir, sous le titre "The deep". 

Synopsis

Un couple, l'officier de marine John Ingram (Sam Neill) et sa femme Rae (Nicole Kidman) ont tout pour être heureux lorsqu’un terrible accident de voiture change leur destin. Alors que Rae est au volant, avec son fils de 4 ans, l'enfant défait la ceinture de sécurité de son siège. Sa mère, affolée, perd le contrôle du véhicule qui en percute un autre et l'enfant, éjecté par le choc, est tué sur le coup. Pour se remettre de ce drame, le couple part faire de la voile.

Grâce aux médicaments qu'elle prend, Rae se remet lentement, profitant de la mer et d'un séjour qui s'avère idyllique : l'océan est calme, sans vent (d'où le titre, "dead calm" correspondant à notre expression française "calme plat" mais jouant aussi, dans le titre anglais, sur le mot "mort" puisqu'on le verra, la mort est au centre de ce film).

Soudain apparait au loin une goélette qui semble en perdition : sa radio ne répond pas. Mais une chaloupe s'en détache, barrée par un jeune homme qui présente tous les signes de l'épuisement et de la terreur. Il s'appelle Hughie Warriner (Billy Zane) et raconte à ses sauveteurs qu'il est le skipper de la goélette, que celle-ci, qui a essuyé une tempête, va couler et que tous les passagers à bord sont morts, empoisonnés par de la nourriture avariée. 

Bien que le jeune homme paraisse sincère, John, qui, de par sa profession, a une grande expérience de la mer, a un doute sur l'authenticité de son récit et, pendant que celui-ci, épuisé, dort, il décide de se rendre sur la goélette pour voir ce qui a bien pu réellement se passer. Avant de partir, il met cependant son épouse en garde et lui dit de s'armer.

Lorsqu'il arrive sur la goélette, John se rend compte que les passagers ne sont pas morts d’empoisonnement mais qu’ils ont tous été assassinés. Lorsqu'il découvre les corps mutilés flottant dans l'eau du bateau en train de couler, la scène est digne d'un film d'horreur. Pendant ce temps, sur son propre bateau, Hughie s'est réveillé et adopte, vis à vis de Rae, un comportement étrange, alliant la candeur presqu'enfantine, et la menace la plus brutale. Ayant pris le commandement du voilier, il met le moteur en marche et s'éloigne de la goélette. Rae, comprenant qu'elle ne peut l'affronter directement, accepte ses avances pour mieux le tromper et lui fait avaler un cocktail dans lequel elle a dissout une forte dose de ses propres barbituriques. Lorsqu'il se réveille, Hughie est attaché et comprend que Rae l’a démasqué. Il devient alors fou furieux et parvenant à se détacher, s'évade de la cabine où elle l'a enfermé, se lançant à ses trousses sur le petit bateau. Mais Rae, bien que folle de terreur, s’est armée  du lance-harpon et blesse sérieusement le forcené.

Pendant ce temps, John est parvenu à rallier son bateau et Rae et lui se débarrassent d’Hughie en le jetant dans un canot de survie et le laissent dériver. Mais leur agresseur n'est pas mort et, bien que blessé, il parvient à se hisser à nouveau sur le voilier et le cauchemar recommence. Cette fois, John se débarrasse une bonne fois du criminel en lui tirant une fusée de secours dans la tête.

Mon opinion sur ce film

Bien que ce film ait plus de 20 ans, il a bien vieilli et, malgré quelques invraisemblances, il reste un thriller très efficace, dérangeant, soigné, qui distille l'angoisse à la perfection et tient le spectateur en haleine pendant toute la durée du film (96 min). Les images et les corps sont beaux (Nicole Kidman, avec son visage encore enfantin, est magnifique. Quant à Billy Zane, qui en bon psychopathe manipulateur, sait jouer de son charme et faire alterner naïveté, douceur et brutalité déchaînée, il est tout bonnement, stupéfiant. C'est de loin lui le meilleur acteur du film.   

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lundi 17 novembre 2014

LES AUTRES film fantastique d'Alejandro Amenabar (2001)


Les autres est un film d'épouvante franco-américano-espagnol d'Alejandro Amenabar sorti en 2001. 

Synopsis

Le cadre est une immense maison isolée sur l'île de Jersey perdue dans le brouillard. L'action se déroule peu après la fin de la 2ème Guerre mondiale. Trois personnes (deux femmes, dont une jeune femme muette, et un homme) se présentent à la porte de la maison pour proposer leurs services. La jeune femme qui vient d'aménager s'appelle Grace  Stewart (Nicole Kidman). Sans nouvelles de son mari Charles, disparu pendant la guerre, elle vit seule dans cette grande maison avec ses deux enfants, Anne et Nicholas, qui seraient atteints, à ce qu'elle dit, d'une maladie qui les rend photosensibles et les obligent à vivre enfermés, à l'abri des rideaux perpétuellement tirés.

Elle accepte d'embaucher Mme Bertha Mills comme gouvernante et la jeune muette, Lydia, qui l'aidera aux travaux ménagers. M. Edmund Tuttle s'occupera du jardin et des travaux à effectuer dans la maison.

Grace a, envers les domestiques, des exigences qui nous paraissent exagérées : chaque porte doit être refermée à clé avant qu'une autre ne puisse être ouverte, les rideaux doivent toujours restés tirés, aucun bruit de doit être fait dans la maison.

Par ailleurs, bien qu'elle semble aimer ses enfants, elle se comporte avec eux avec une sévérité qui nous paraît excessive, les obligeant à apprendre par cœur des passages entiers de la Bible et les punissant lorsqu'ils ne les savent pas. Quant à elle, elle passe ses journées à coudre et à broder à la lumière d'une lampe à pétrole car la maison ne dispose ni du téléphone ni de l'électricité.

Or, la maison semble mener une vie propre : on entend des rires et des pleurs d'enfants, des pas à l'étage alors que les pièces sont inoccupées et que les enfants enfermés dans deux pièces séparées. Quant aux domestiques, on les voit occupés dans le parc. A un autre moment, le piano se met à jouer seul; les portes, fermées à clé, s'ouvrent toutes seules et les rideaux sont tirés par une main invisible...

Anne, la petite fille, voit des personnes qui ne sont pas là, en particulier un petit garçon dont le nom est Victor. Lorsqu'elle veut en parler à sa mère, celle-ci refuse de l'écouter puis, alors que la fillette insiste, elle l'accuse de mentir et la punit.

Le spectateur finit par penser que la maison est hantée jusqu'à ce qu'il comprenne, tout à la fin, que les fantômes ne sont pas ceux que l'on croit.

Mon opinion sur ce film

Bien moins éprouvant que La dameen noir (avec Daniel Radcliffe) dont j'ai parlé ici, ce film est cependant d'autant plus efficace qu'on ne devine pas une minute le terrible dénouement qui nous attend (ce qu'en terme technique on appelle un "twist", où la fin du film remet en question tout ce que le spectateur avait cru comprendre depuis le début).

Nicole Kidman, bien que glaçante à souhait dans son rôle de mère sévère, n'est malgré tout pas entièrement crédible : trop parfaite, trop élégante, trop bien coiffée et maquillée pour une jeune femme élevant seule ses deux enfants dans cette immense demeure vide. Son jeu rappelle celui de la terrifiante Mme Coulter de La boussole d'or.

La mise en scène est sobre : pas ou peu d'effets spéciaux, pas de cris glaçants, pas de poupées animées, pas de grincements de portes ou de personnages effrayants surgissant brusquement de coins sombres... Les domestiques ont plutôt des attitudes rassurantes. Si ce n'est sa taille et le fait qu'elle est perdue dans le brouillard, la maison non plus n'a rien de particulièrement menaçant (rien à voir en cela avec la maison de La Dame en noir ou d'autres maisons maléfiques de tant de films d'horreur !), la musique qui s'élève du piano est une valse de Chopin... Généralement, les films fantastiques ou d'horreur jouent avec les nerfs des spectateurs. Rien de tel ici. Paradoxalement, le seul personnage qui inquiète est celui de Grace, qu'on nous présente dès le début comme la victime, alors que le dénouement nous montrera qu'elle est bien autre chose. 

N'étant généralement pas très friand de films d'horreur, je n'avais fait aucun effort particulier pour voir celui-ci lors de sa sortie au cinéma. Comme il repassait sur Arte, je l'ai néanmoins regardé.  Je dois dire que celui-ci est plutôt réussi, plus fantastique d'ailleurs que véritablement d'horreur. Il est efficace sans être effrayant comme La Dame en noir ou  The orphanage.

vendredi 18 juillet 2014

RETOUR A COLD MOUNTAIN d'Anthony Minghella (USA-2003)


Drame américain réalisé par Anthony Minghella (2003).

Synopsis

Le film se déroule pendant la guerre de Sécession. Ada (Nicole Kidman) est la fille d'un pasteur, veuf à qui elle consacre, avec son autre passion, la musique, tout son amour et tout son temps. Elle est la parfaite incarnation de la société policée, pétrie de culture et de traditions sudistes. Paradoxalement, alors que tout les oppose, un simple regard la rapprochera d'Inman, (Jude Law), un simple ouvrier. La guerre les séparera presque dès leur rencontre, Inman devant aller au front, mais leur amour aussi récent qu'absolu leur permettra de trouver la force et le courage d'affronter l'horreur d'une guerre sans merci.

Mon opinion

Il y a dans ce film des scènes très dures, des viols, des massacres et des scènes de tortures gratuites perpétrées aussi bien par les tenants de l'esclavagisme, par ailleurs cultivés et policés, que par les "abolitionnistes" qui auraient dû être porteurs de valeurs humanistes mais dans les rangs desquels, comme dans toute guerre, se trouvent de véritables bêtes sauvages. Il y a aussi ceux qui profitent de la situation et s'adaptent aux circonstances.

A part ces scènes pénibles pour un spectateur comme moi qui ne supporte pas la violence ni la cruauté, fussent-elles justifiées, ce film est une grande et belle œuvre cinématographique. Après un autre très beau film, Le patient anglais, Cold moutain était le 4ème d'un réalisateur auquel la maladie n'a pas donné la chance de poursuivre sa carrière. En effet, Anthony Minghella, qui est aussi le réalisateur de l'un de mes films préférés,  Le talentueux Mr. Ripley, (aussi avec Jude Law et Matt Damon), n'a pu réaliser qu'un seul autre film après ce dernier, puisqu'il est mort en 2008 d'une hémorragie cérébrale. On ne peut que regretter qu'un tel talent n'ait pas été épargné par le sort.


Tout est remarquable dans ce film, le scénario, parfaitement bâti et structuré, l'image, les paysages splendides, la direction d'acteurs, l’ensemble rythmé par la musique du compositeur français Gabriel Yared... Il faut particulièrement saluer les prestations de Jude Law (toujours très juste et très touchant dans le rôle d'un soldat écœuré par la guerre qui déserte par instinct de survie), de Nicole Kidman (qui sait être crédible et émouvante dans ce rôle aux antipodes de la star hyperbotoxée qu'elle est devenue) et de Renée Zellweger, en sauvageonne au grand cœur (l'actrice a d'ailleurs été récompensée pour ce rôle par un Oscar et un Golden Globe de la meilleure actrice de second rôle) sans oublier Natalie Portman (dans le rôle de Sara).

samedi 18 mai 2013

A LA CROISEE DES MONDES 1 : LA BOUSSOLE D'OR (2007)

[Rerédaction d'un article publié en août 2008]


Film américano-britannique de fantasy réalisé par Chris Weitz, sorti en décembre 2007. Le livre est adapté de la saga Les royaumes du Nord de Philip Pullman. 

J'attendais impatiemment, début décembre 2007, du premier volet de l’adaptation cinématographique de la trilogie « A la croisée des mondes » de Philip Pullman, sorti en France sous le titre « La boussole d'’or ». Rien ne destinait le réalisateur Chris Weitz à entreprendre une telle adaptation. La bande annonce que j’avais vue au cinéma m’avait tout de même donné l’envie d’aller voir le film.

A la différence de beaucoup de critiques lues ici et là, mon opinion sur ce film est bonne. Certes, l'’adaptation au cinéma de toutes ces œuvres fleuves et culte (de « Dune » au « Seigneur des Anneaux » en passant par « Eragon » et « Le monde de Narnia ») sont difficiles et souvent réductrices.

Mais comment cela pourrait-il en être autrement tant la richesse de l'œuvre littéraire est supérieure à ce que peut faire même le plus doué des metteurs en scène (Cf. le semi-échec du « Dune » de David Lynch) en deux heures de temps ?  

J'’ai lu et relu les livres de Pullman et je les classe parmi les meilleurs écrivains de SF ou de Fantasy (comme on voudra, car en fait il n'’y a pas de catégorie adaptée à ce genre d'œuvre), que je connaisse. La richesse de ses bouquins, la complexité de ses personnages, l’inventivité de son (ses) monde(s) est proprement époustouflante.

Eh bien, non, n'en déplaise aux "pisse-froid", je n’ai pas été déçu car le film, même s'’il est évidemment réducteur, est en tout point remarquable.
Les acteurs (Nicole Kidman en Mme Coulter est à la fois l'’ange et le démon qu'elle est dans les livres, Daniel Craig, dans le rôle de l'énigmatique Lord Asriel, suffisamment froid et distant, est parfait, quant à la jeune actrice Dakota Blue Richards, elle est aussi excellente dans le rôle de la petite Lyra. Les décors sont magnifiques et pleins de surprises. La qualité des images de synthèse (en particulier pour les daemons) est telle qu’il faut se pincer pour se dire que ce sont des images de synthèse.

Un bémol : le son. Une horreur ! La musique (qui n’a rien de génial) est beaucoup trop forte et couvre les voix (celle de Nicole Kidman en particulier qui chuchote le plus souvent – ce n'est pas une critique de l'actrice qui est dans son rôle). Chaque apparition de "l'aléthiomètre" (véritable nom de la boussole d'’or pour ceux qui ont lu les livres) est accompagnée,– on se demande pourquoi, – par un déchaînement de cuivres qui obligent le spectateur à se coller les mains sur les oreilles. Dommage. C’est malheureusement un constat que l’on fait de plus en plus dans les salles et il faudra sans doute faire quelque chose contre ce son envahissant la plupart des films d'action.

En conclusion, beau film qui prolonge pour moi le plaisir que j’ai pris à lire (et à relire) les livres. J'’attends impatiemment l’adaptation du 2ème volume « la tour des anges », mais y en aura-t-il une ???  

Dans cet article, rédigé en 2008, je me demandais s'il y aurait une suite. Malheureusement, vu l'échec commercial (à mon avis immérité) du film, la réponse est sans doute non. Je le regrette. Mais il nous reste les livres et leur fantastique charge imaginaire.