Films de Clint eastwood cités dans ce blog :
Ce blog est consacré au cinéma et aux séries TV. J'y traite principalement des films et des séries que j'aime mais je me réserve aussi le droit d'en critiquer certains.
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samedi 2 décembre 2023
vendredi 6 avril 2018
J. EDGAR de Clint EASTWOOD (USA-2011)
J. Edgar est un biopic
réalisé par Clint Eastwood, sorti en
2011 et consacré à la vie de J. Edgar Hoover, directeur du Federal Bureau of
Investigation (FBI) pendant 48 ans et sous huit présidents. Le scénario est écrit par Dustin Lance Black, également auteur du
scénario de Harvey Milk. C'est Leonardo DiCaprio qui a été choisi pour
interpréter le rôle principal. Le film est distribué par Warner Bros et produit par Malpaso
Productions, la société de production d’Eastwood et Imagine Entertainment. Durée : 135 min.
Résumé
Arrivé à la fin de sa vie, mais
toujours à la tête du FBI, J. Edgar Hoover
utilise de jeunes agents du FBI pour transcrire ses Mémoires. Il se remémore
son parcours, en commençant par l'éducation de sa mère Anne-Marie Hoover, une
femme à la personnalité écrasante (Judi Dench). Il explique comment il a voulu créer un bureau fédéral
d'investigation pour lutter contre les communistes et les anarchistes
américains qui menaçaient le gouvernement. Puis son combat contre la pègre et sa
bataille contre le Congrès pour obtenir le financement du bureau, obtenir du
personnel et des locaux, autoriser ses agents à porter des armes, etc. Mais c’est
suite au scandale de l’enlèvement et de la mort du fils de Charles Lindbergh
par Bruno Hauptmann que le rapt d’enfant est devenu un crime fédéral aux
Etats-Unis et que le FBI et son directeur sont devenus des héros nationaux
auxquels le Congrès ne pouvait rien refuser.
Dès son accession au "bureau" (alors simple annexe du ministère de la Justice) à l’âge
de 22 ans, Edgar Hoover put compter sur le soutien sans faille de sa secrétaire
Helen Gandy (Naomi Watts) et surtout
de son bras droit, Clyde Tolson (Armie
Hammer, désormais plus connu pour son rôle d'Oliver dans Call me by your name), avec qui il a entretenu des relations quasiment homosexuelles (du moins c'est ce que suggère le film) jusqu’à son décès en 1972.
Mon opinion sur ce film
N'ayant pas vu ce film lors de sa sortie en salles, j'avais acheté le DVD. A la différence d’autres films de
Clint Eastwood (Un monde parfait, 1993 ; Mémoires de nos pères, 2006 ; Au-delà, 2010 et même, malgré sa charge ultra-militariste, American sniper, 2015 ou de son récent film : Le 15 H 17 pour Paris, 2018), j’ai été très déçu par
ce film trop long, brouillon qui tient plus de la veillée mortuaire que du
film politique. Pourtant, il y avait à dire : anticommunisme primaire, collusion
avérée d’Hoover avec la Mafia, etc. Que dire des acteurs si outrageusement grimés
qu’ils ressemblent plus à des pantins d’un lugubre théâtre de marionnettes qu’on
en oublie leur talent. Que dire de la psychologie de bazar ? Même Judi Dench, pourtant une des plus grandes actrices que je connaisse, n'échappe pas au naufrage avec son interprétation sans nuances de la mère abusive... Quant à l'acteur choisi pour incarner Nixon, c'est une erreur de casting complète. Bref, pour moi, ce film est un parfait ratage et une tache
dans la filmographie - il faut le reconnaître, très inégale - de Clint Eastwood.
Voyez plutôt :
- The Queen (2006)
- Pentagon papers (2017)
samedi 10 février 2018
LE 15 H 17 POUR PARIS film de Clint Eastwood (USA-2018)
Le 15 h 17 pour Paris (The 15:17 to Paris) est un drame
biographique américain co-produit et réalisé par Clint Eastwood, sorti en 2018.
Résumé
Le 21 août 2015, un attentat terroriste avait été perpétré à bord du Thalys 9364, durant le trajet Amsterdam - Paris. Un djihadiste armé d'une kalachnikov et muni de neuf chargeurs pleins, d’un pistolet et d’un poignard s'apprêtait à commettre un carnage à bord du TGV en provenance d'Amsterdam. Il fut neutralisé par trois jeunes américains en vacances en Europe qui se trouvaient à bord par hasard. Il s'agissait de trois amis d'enfance Spencer Stone, Alek Skarlatos, deux militaires et Anthony Sadler, un étudiant. Ils maîtrisèrent le terroriste à mains nues, aidés par un britannique, Chris Norman. Celui qui avait donné l’alerte, un musicien américain, Mark Moogalian, t grièvement blessé par balles, ne dut sa survie qu'au sang froid de Spencer Stone, ambulancier dans l'US Air Force, qui, bien que blessé lui-même, arrêtera l’hémorragie de la carotide en maintenant la pression sur l'artère sectionnée jusqu’à l’iarrivée en gare d’Arras. L'infirmière du Samu qui prit la relève joue aussi son propre rôle dans le film. Grâce à leur courage, la vie de 500 passagers fut épargnée. A leur arrivée, ils furent acclamés en héros et décorés, en France, de la Légion d'honneur par le président François Hollande. Ils furent aussi décorés aux Etats-Unis par le président Obama.
Autour du film
Autour du film
Le 20 avril 2017, on apprend que
Clint Eastwood adaptera au cinéma l'autobiographie The 15:17 to Paris: The True
Story of a Terrorist, a Train, and Three American Heroes de Jeffrey E. Stern,
Anthony Sadler, Alek Skarlatos et Spencer Stone à partir du scénario de Dorothy
Blyskal. Le livre narre l'enfance, l'amitié, le parcours ainsi que l'héroïsme
des trois amis d'enfance américains qui ont déjoué l'attentat du Thalys, à
destination de Paris, le 21 août 2015.
En juin 2017, Clint Eastwood avait
l’intention de faire jouer les rôles des protagonistes authentiques par des
acteurs professionnels. Mais un mois plus tard, après les avoir rencontrés, il
leur confiait leur propre rôle, un immense défi pour ces jeunes gens qui n’avaient
jamais tourné. Des acteurs professionnels complètent la distribution, dans le
rôle des mères des héros, des parties concernant leur enfance et des figurants
du train. Le rôle du terroriste est confié à un acteur professionnel, Ray
Corasani. Les images de la remise des légions d’honneur sont les images d’archives
authentiques à part pour le moment où l’on voit François Hollande de dos. Son
rôle est alors interprété par Patrick Braoudé.
Mon opinion sur ce film
Grâce à leur courage, la vie de 500 passagers fut épargnée. A leur arrivée, ils furent acclamés en héros et décorés, en France, de la Légion d'honneur par le président François Hollande. Ils furent aussi décorés aux Etats-Unis par le président Obama.
Le film raconte aussi leur enfance, le développement de leur amitié, leur parcours professionnel, alternés avec les évènements qui les ont amenés à bord de ce train. Ce film m’a paru très réussi. Si le réalisateur s’était contenté de relater l’attentat, le film aurait été moins intéressant mais le fait qu’il remonte à l'enfance des jeunes héros et à leur parcours jusqu’à ce moment dramatique dans le Thalys donne au film plus de profondeur. Il faut aussi saluer le choix qui a été fait de confier aux vrais protagonistes des faits leur propre rôle dans le film. J'ai été stupéfait par la qualité de leur jeu et leur authenticité quand on sait que le réalisateur ne leur a confié le rôle qu'au dernier moment. J'admire en outre le courage qu'il leur a fallu pour revivre des évènements aussi traumatisants qui sont encore, pour certains d'entre eux, inscrits dans leur chair. Ne serait-ce que pour cela, ce film est remarquable et vaut d'être vu.
mardi 30 janvier 2018
MEMOIRES DE NOS PERES film de guerre de Clint EASTWWOD (USA-2006)
Mémoires de nos pères[1]
est un film américain réalisé par ClintEastwood et sorti en 2006. Il forme, avec le film Lettres d'Iwo Jima, du même réalisateur, qui aborde les mêmes
événements du point de vue des Japonais, un diptyque. Le film est adapté du
livre de James Bradley, écrit en collaboration avec Ron Powers, d’après les souvenirs de son père John « Doc »
Bradley.
Présentation
Le film se déroule pendant la
prise, par les Américains, de l’île d’Iwo Jima, au large du japon
(février-mars 1945).
L’île avait été fortifiée par les
Japonais qui attendaient de pied ferme le débarquement des Américains et se
solda par un épouvantable carnage des deux côtés (env. 40 000 morts et plus de 20 000 blessés).
Le film s’attache à suivre trois marines américains, un infirmier, John « Doc »
Bradley (Ryan Philippe), René Gagnon
(Jesse Bradford), et Ira Hayes (Adam Beach) qui deviendront, à leur
corps défendant, des héros pour avoir planté sur le sommet de l’île, le Mont
Suribachi, le drapeau américain.
En réalité, il y eut deux
drapeaux, le premier, récupéré pour des raisons politiques sur ordre du
secrétaire d’Etat à la Marine, le second planté au même endroit par six soldats.
C’est durant l’érection de ce deuxième drapeau que fut prise la photo « Raising
the Flag on Iwo Jima ». Cette photo, prise par Joe Rosenthal, fit la une
des journaux et fut ensuite exploitée à outrance par les politiciens pour
soutenir l’effort de guerre américain.
Le film montre la tournée à
travers les États-Unis des trois soldats survivants, devenus des marionnettes entre
les pattes des politiciens qui se moquent de la vérité, ne voyant en eux que le moyen pour récolter le maximum de fonds et poursuivre la guerre. Une fois celle-ci terminée, les « héros »
tant adulés seront oubliés et jetés comme des kleenex. Ira, d’origine indienne, victime de racisme et totalement désespéré, finira mort de froid dans la réserve indienne où il est revenu.
Tout autant qu'un hommage aux
jeunes soldats ayant combattu lors de cette terrible bataille, ce film est
aussi une violente charge contre les politiciens qui ont tiré les ficelles sans prendre de risque. On pouvait donc s’attendre à
ce que ce film déclenche une importante polémique aux Etats-Unis. On a aussi reproché au
réalisateur d’avoir délibérément ignoré l'importance des soldats
afro-américains dans la bataille d'Iwo Jima pour se focaliser uniquement sur
des combattants blancs ou indiens. En effet le film ne montre aucun GI de
couleur alors qu’ils furent bien entendu nombreux à y participer et que
beaucoup y trouvèrent la mort. Eastwood s’en est défendu en disant qu’il avait
scrupuleusement suivi le livre de James Bradley et qu’aucun soldat noir ne
figurant sur la fameuse photo de Joe Rosenthal, il ne pouvait en mettre un au risque de trahir l'histoire.
Autres acteurs apparaissant dans le film
- Ralph "Iggy" Ignatowski (Jamie Bell)
- Hank Hansen (Paul Walker)
J’ai voulu voir ce film que j’avais
partiellement vu lorsqu’il est passé sur Arte, suivi, d’ailleurs par la 2ème
partie du diptyque, Lettres d’Iwo Jima.
Il m’a laissé une impression désagréable, tant en raison des scènes de massacre
où rien n’est épargné au spectateur (corps mutilés et éventrés, parties de membres répartis sur le sol, têtes
tranchées, etc.) que pour le traitement ignoble réservé aux trois « héros ».
Je ne reproche rien à Eastwood qui n’a fait que retranscrire les horreurs d’une
guerre qui fut terriblement meurtrière et rendre compte de la manipulation dont ont été victimes ses trois personnages. Il n’est pas le seul à avoir
traité du sort lamentable que les Etats-Unis font à leurs « veterans »,
quelle que soit la guerre à laquelle ils ont participé (2ème Guerre
mondiale, Vietnam, Irak…) comme cela
apparaît dans nombre d’autres films : Né un 4 juillet, Platoon, Brothers, American
Sniper, etc. En disant cela, je ne stigmatise pas seulement les Américains car
je ne crois pas, hélas, que les autres pays se soient comportés de façon plus honorable avec leurs anciens
combattants, même si la France s’est longtemps dotée d’un ministère ad hoc ou a
créé le statut de pupilles de la Nation. Il n’y a qu’à voir celui qu’elle a
réservé aux anciens harkis, aux combattants sénégalais ou autres troupes coloniales, pour ne citer qu’eux.
Autres films dans le même esprit :
Autres films dans le même esprit :
- American sniper (aussi réalisé par Clint Eastwood)
- Good morning Vietnam
- Fury
- Inglorious basterds
- Lions et agneaux
- La guerre selon Charlie Wilson
- Empire du soleil
- Invincible
- Pearl Harbor
- Il faut sauver le soldat Ryan
[1] Le titre
original Flags of Our Fathers (Les
drapeaux de nos pères) rend bien mieux compte du sujet du film que le titre
français.
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vendredi 13 mars 2015
AMERICAN SNIPER de Clint Eastwood (USA-2015)
American Sniper est un
film de guerre américain, coproduit et réalisé par Clint Eastwood, sorti en
salles en 2014 aux États-Unis et en 2015 en France. Il s'agit de l'adaptation
de l'autobiographie homonyme du tireur d'élite américain et ancien membre des
SEALs (forces spéciales interarmes des Etats-Unis) Chris Kyle.
Résumé
Chris Kyle (Bradley Cooper) vit au
Texas et pratique le rodéo. Après les attentats des ambassades américaines en
Afrique du 7 août 1998, il décide de s'engager dans les Forces armées des
États-Unis. Il suit alors l'entrainement des SEALs où il devient un sniper de l'unité.
Il rencontre Taya Renae, qui deviendra sa femme. Mais Chris est envoyé en Irak.
Sa précision et son adresse au tir sauvent de nombreux soldats américains, qui
le surnomment très vite « La Légende ». Lui-même revenu sans la moindre blessure,
il rentre aux Etats-Unis pour sauver son couple mais, psychologiquement traumatisé
par ce qu’il a vécu, sur les conseils du psychologue qu’il consulte, il s’investit
dans le soutien aux vétérans revenus amputés du terrain et leur redonne le goût
de vivre. Il sera assassiné par l’un d’eux. Le film se termine sur l’émouvant hommage
qu’il reçut lors de ses obsèques de la part de milliers d’Américains qui le
considéraient comme un héros national.
Mon opinion sur ce film
Clint Eastwood a souvent été
critiqué pour ses opinions républicaines et militaristes ; il est aussi
partisan de la peine de mort. Il n’est cependant pas, comme on l’a dit, un
soutien inconditionnel de la puissante NRA (National Riffle Association) qui,
malgré les massacres récurrents qui se produisent aux Etats-Unis, défend la
liberté du port d’arme pour chaque américain. C’est aussi un humaniste qui, au
travers de la David Lynch Foundation s’est investi, un peu comme le fait Chris Kyle dans
l’aide aux vétérans et les militaires atteints du syndrome de stress
post-traumatique et aux sans-abris.
Chris Kyle ne nous est pas
présenté dans le film comme un militaire « bas de plafond ». S’il s’engage
dans les SEALs, l’unité d’élite de l’armée américaine, et devient un sniper, ce n'est pas par goût des armes ou pour dégommer des barbares, c’est
pour protéger les soldats qui combattent en Irak. En cela, le film n’est pas un
film de propagande belliciste comme certains le lui ont reproché. American
Sniper, s’il prend évidemment le parti des militaires, ne prend pas celui de la guerre. Il
nous présente au contraire son héros comme quelqu’un qui doute et réfléchit. L’une
des premières images du film est, alors que Kyle est posté sur un toit pour
couvrir ses compagnons au sol, il attend jusqu’à la dernière seconde avant de
viser un enfant qui allait jeter une grenade sur le convoi qu’il doit protéger.
La scène se reproduira plus loin dans le film avec un autre enfant qui se
saisit d’un lance-roquette tombé des mains d'un moudjahidin que Kyle vient d'abattre. Ce dernier prie intérieurement pour que l’enfant repose l’arme afin qu’il n’ait pas à
l'abattre lui aussi et il est soulagé quand il le fait. C’est d’ailleurs certainement l’une
des scènes les plus émouvantes du film.
Le film a aussi une grande
qualité : il nous montre les combats au plus près des combattants, presque
comme si nous y étions, en particulier lorsqu’en pleine tempête de sable, les
militaires sont encerclés par des moudjahidin. Autant que les acteurs, le
spectateur est perdu dans ce maelstrom étourdissant où les ombres se discernent
à peine, où le son des armes se mêle aux cris des hommes, dans un chaos assourdissant. C’est vraiment du
grand cinéma.
Dans le même esprit vous pouvez aussi voir :
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samedi 20 septembre 2014
SUR LA ROUTE DE MADISON de Clint Eastwood (USA-1995)
Sur la route de Madison (The Bridges of Madison County) est un
film américain réalisé et interprété par ClintEastwood, sorti en 1995. Il adapte le livre homonyme de Robert James
Waller, paru en 1992.
Synopsis
Le destin de Francesca Johnson
(émouvante Meryl Streep) semble tout
tracé. Italienne ayant épousé un GI au moment de la libération de son pays et
venue en Amérique pour le "rêve américain", elle végète au fin fond
de la campagne de l'Iowa.
Un jour de l'été 1965, alors que
son mari et ses enfants sont partis à une foire aux bestiaux, un inconnu
s'arrête pour lui demander sa route. Il s'agit du photographe Robert Kincaid (Clint Eastwood) qui fait un reportage
sur les ponts du Comté de Madison (d'où le titre original) pour le National
Geographic. Francesca laisse ses travaux ménagers pour monter avec lui dans sa
voiture et lui servir de guide. L'homme est séduisant, cultivé, attentionné...
Il représente pour elle tout ce que son mari, sa famille et sa vie routinière ne
lui ont pas apporté. Pendant quatre jours, Francesca et Robert vivront un amour
éperdu. Au moment de quitter l'Iowa, Robert demande à Francesca de quitter
cette vie qui ne la rend pas heureuse et de partir avec lui. Après beaucoup
d'hésitation, elle y renonce, ne se sentant pas le droit d'abandonner son mari
et ses enfants qu'elle aime et qui ne méritent pas qu'elle leur inflige cela.
Le film commence à la mort de
Francesca et est fait de flashes-back. Son fils et sa fille, devenus adultes et
ayant fait leur vie de leur côté, reviennent dans l'Iowa pour l'ouverture du
testament de leur mère. Ils ne comprennent pas pourquoi elle leur demande
d’incinérer son corps et de disperser ses cendres au pont couvert “Roseman”. Ce
n'est qu'en lisant les cahiers qu'elle leur a laissés qu'ils découvrent
l'histoire d'amour qu'elle a vécue pendant quatre jours de sa vie avec Robert.
Celui-ci est déjà mort et ses cendres ont été dispersées au même endroit.
D'abord furieux de ce qu'il considère comme une trahison, son fils comprend
finalement le dernier vœu de sa mère et s'y conforme.
Mon opinion sur ce film
Bien que ce film soit un
classique, je ne l’avais pas vu. Il a fallu des circonstances particulières
pour que je m’y intéresse. Je le considérais comme un mélo un peu larmoyant, ce
qu’il n’est pas. Au-delà de l'histoire d'amour un peu "fleur bleue"
que raconte ce film, il aborde la question de l’enfermement conjugal de la
femme en tant qu'épouse et mère et de l'impossibilité qu'il y a pour elle de
s'en libérer sans faire souffrir injustement ceux qu'elle aime et qu'elle ne peut se résoudre à abandonner.
mercredi 27 août 2014
HEREAFTER/AU-DELA de Clint Eastwood (USA-2010)
Au-delà (Hereafter) est un drame fantastique
américain réalisé par Clint Eastwood, sorti en 2010.
Synopsis
Le film retrace le destin croisé de trois personnages, Marie Lelay (Cecile de France), George Lonnegan (Matt Damon) et Marcus (Frankie McLaren), qui ne se connaissent pas et qui, confrontés à la mort, cherchent, chacun à sa manière, des explications.
Le film commence en Thaïlande, quelques heures avant le tsunami dévastateur de l'Océan Indien de 2004 qui fit près de 300 000 morts et disparus et des dégâts considérables. Une journaliste de la télévision française, Marie s'y trouve en vacances avec son amant Didier (Thierry Neuvic), réalisateur à France Télévision. Avant leur départ, pendant qu’il prend son petit déjeuner à l'hôtel, elle part acheter quelques cadeaux sur le marché. Alors qu'elle marchande un bracelet avec une vendeuse, un énorme ronflement annonce l'arrivée du tsunami qui balaye tout sur son passage. Emportée par la vague, elle fait l'expérience de ce que les anglo-saxons appellent une N.D.E ("Near Death Experience" : expérience aux portes de la mort) avant d'être ramenée à la vie par des sauveteurs. Didier a lui aussi été miraculeusement épargné et ils rentrent en France. Marie est sous le choc de ce qu'elle a vécu et, bien que physiquement indemne, elle ne peut reprendre son métier de présentatrice d'une émission de reportages. D'un commun accord avec Didier, elle décide de "faire un break" dans sa carrière professionnelle et de se mettre à rédiger un livre auquel elle pensait déjà depuis quelque temps sur la part d'ombre de la présidence de François Mitterand. Mais, traumatisée par ce qu’elle a vécu, elle se décide à raconter son expérience de NDE. Son livre « Hereafter » devient un best-seller qu’elle va présenter à la Book Fair de Londres.
George Lonnegan vit à San Francisco. Medium connu, il a le don d'entrer en relations avec les êtres disparus des gens qu'il touche mais, après une expérience traumatisante, il a décidé, contre l'avis de son frère aîné Billy, de renoncer à donner des consultations qui lui rapportent, préférant travailler dans une usine de sucre de canne. Pendant son temps libre, il prend des cours de cuisine italienne où il rencontre Mélanie, avec laquelle il sympathise. Un soir, il l'invite chez lui et, lorsque, par une indiscrétion de Billy, elle prend connaissance de ses dons, elle le convainc de lui donner une consultation. Comme il en est vaguement amoureux, il cède à contrecœur. Mais ce qu'il voit dans la vie de Mélanie la bouleverse et elle le quitte précipitamment et cesse de venir aux cours de cuisine. George décide de prendre des vacances et de réaliser l’un de ses rêves, se rendre à Londres visiter la maison de Charles Dickens, son auteur favori, dont il écoute en boucle des lectures enregistrées.
Marcus est un jeune garçon anglais de 12 ans qui vit avec son frère jumeau Jason (George McLaren) à Londres. Naturellement soudés comme peuvent l’être des jumeaux, ils sont encore plus proches pour faire face aux problèmes qu'ils rencontrent avec leur mère toxicomane. Jason meurt devant lui, renversé dans la rue par un fourgon, et Marcus ne peut l'accepter car il se croit responsable de la mort de son frère. Après l’accident, il est provisoirement placé dans une famille d'accueil. Après des recherches sur Internet, il s'enfuit en emportant les économies de la famille pour aller consulter des médiums afin de tenter de renouer le lien avec Jason mais ses tentatives se soldent par un échec.
Le hasard fait se rencontrer les trois personnages à la London Book Fair.
Après une visite de la maison de Dickens, George est venu y écouter une lecture publique des œuvres de l'écrivain. Errant à travers le salon, il y entend Marie parler de son livre. Marcus, qui a été entraîné là par sa famille d'accueil pour venir voir l'un de leurs anciens pensionnaires qui travaille dans l'édition, reconnaît George qu'il a connu en faisant des recherches sur les mediums par Internet. Il le suit jusqu'à son hôtel et l’attend sur le trottoir jusqu'à ce que celui-ci accepte enfin de le recevoir et de lui parler de Jason.
Mon jugement sur ce film
Ce film est complètement atypique. Ni film d'action, ni film fantastique, il est particulièrement inclassable. En outre, il s'accorde difficilement à la personnalité du réalisateur, même si celui-ci a déjà réalisé des films intimistes comme Sur la route de Madison ou Un monde parfait. La version française de Wikipedia le présente comme un "thriller fantastique" et la version anglaise du même site, comme un "drame fantastique" (drama fantasy film) ce qui n’est pas plus approprié dans un cas que dans l'autre.
On s'attendrait à ce qu'un tel film soit insupportable de sentimentalisme. C'est tout le contraire. Depuis la scène brutale du tsunami qui nous met KO jusqu'à la rencontre finale entre George et Marie, on assiste à un exposé de faits sans pathos, sans musique envahissante (elle a été entièrement écrite par Clint Eastwood lui-même et reste d'une discrétion exemplaire), presque sans émotion... La seule scène où l'émotion nous envahit est celle où George parle au jeune Marcus de son frère décédé.
Ce n'est cependant pas un film entièrement réussi. Quelles que soient ses qualités, je dois dire que je suis, pour une fois, assez d'accord avec la critique de Télérama, qui le qualifie de "bancal et un peu laborieux", même si je trouve cette critique - comme souvent avec cette revue - excessive et injuste. Mais il est vrai que le film désarçonnera un public non préparé (et pas forcément sensible au paranormal) car il en dit à la fois trop et trop peu. Dans plusieurs interviews, Clint Eastwood confesse qu'il n'est pas à l'aise avec le sujet de l'au-delà. Pourquoi, alors, a-t-il choisi d'en faire le sujet de son film ? Sans doute ne nous dit-il pas tout car, même s'il ne veut pas se l'avouer, il se pose certainement des questions sur "ce qui se passe après la mort". Si ce n'était pas le cas, il aurait fait un film plus commercial, avec surenchère d'effets spéciaux, ce que, grâce au ciel, le film n'est pas. Il en aurait pourtant eu les moyens et Hollywood l'aurait sans doute plus facilement suivi qu’avec un projet aussi atypique et, finalement, difficile. Personnellement je considère plutôt comme une qualité ce que certains pourraient trouver comme un défaut mais j'aurais tout de même apprécié une conclusion moins elliptique que celle que nous propose le réalisateur.
Le film commence en Thaïlande, quelques heures avant le tsunami dévastateur de l'Océan Indien de 2004 qui fit près de 300 000 morts et disparus et des dégâts considérables. Une journaliste de la télévision française, Marie s'y trouve en vacances avec son amant Didier (Thierry Neuvic), réalisateur à France Télévision. Avant leur départ, pendant qu’il prend son petit déjeuner à l'hôtel, elle part acheter quelques cadeaux sur le marché. Alors qu'elle marchande un bracelet avec une vendeuse, un énorme ronflement annonce l'arrivée du tsunami qui balaye tout sur son passage. Emportée par la vague, elle fait l'expérience de ce que les anglo-saxons appellent une N.D.E ("Near Death Experience" : expérience aux portes de la mort) avant d'être ramenée à la vie par des sauveteurs. Didier a lui aussi été miraculeusement épargné et ils rentrent en France. Marie est sous le choc de ce qu'elle a vécu et, bien que physiquement indemne, elle ne peut reprendre son métier de présentatrice d'une émission de reportages. D'un commun accord avec Didier, elle décide de "faire un break" dans sa carrière professionnelle et de se mettre à rédiger un livre auquel elle pensait déjà depuis quelque temps sur la part d'ombre de la présidence de François Mitterand. Mais, traumatisée par ce qu’elle a vécu, elle se décide à raconter son expérience de NDE. Son livre « Hereafter » devient un best-seller qu’elle va présenter à la Book Fair de Londres.
George Lonnegan vit à San Francisco. Medium connu, il a le don d'entrer en relations avec les êtres disparus des gens qu'il touche mais, après une expérience traumatisante, il a décidé, contre l'avis de son frère aîné Billy, de renoncer à donner des consultations qui lui rapportent, préférant travailler dans une usine de sucre de canne. Pendant son temps libre, il prend des cours de cuisine italienne où il rencontre Mélanie, avec laquelle il sympathise. Un soir, il l'invite chez lui et, lorsque, par une indiscrétion de Billy, elle prend connaissance de ses dons, elle le convainc de lui donner une consultation. Comme il en est vaguement amoureux, il cède à contrecœur. Mais ce qu'il voit dans la vie de Mélanie la bouleverse et elle le quitte précipitamment et cesse de venir aux cours de cuisine. George décide de prendre des vacances et de réaliser l’un de ses rêves, se rendre à Londres visiter la maison de Charles Dickens, son auteur favori, dont il écoute en boucle des lectures enregistrées.
Marcus est un jeune garçon anglais de 12 ans qui vit avec son frère jumeau Jason (George McLaren) à Londres. Naturellement soudés comme peuvent l’être des jumeaux, ils sont encore plus proches pour faire face aux problèmes qu'ils rencontrent avec leur mère toxicomane. Jason meurt devant lui, renversé dans la rue par un fourgon, et Marcus ne peut l'accepter car il se croit responsable de la mort de son frère. Après l’accident, il est provisoirement placé dans une famille d'accueil. Après des recherches sur Internet, il s'enfuit en emportant les économies de la famille pour aller consulter des médiums afin de tenter de renouer le lien avec Jason mais ses tentatives se soldent par un échec.
Le hasard fait se rencontrer les trois personnages à la London Book Fair.
Après une visite de la maison de Dickens, George est venu y écouter une lecture publique des œuvres de l'écrivain. Errant à travers le salon, il y entend Marie parler de son livre. Marcus, qui a été entraîné là par sa famille d'accueil pour venir voir l'un de leurs anciens pensionnaires qui travaille dans l'édition, reconnaît George qu'il a connu en faisant des recherches sur les mediums par Internet. Il le suit jusqu'à son hôtel et l’attend sur le trottoir jusqu'à ce que celui-ci accepte enfin de le recevoir et de lui parler de Jason.
Mon jugement sur ce film
Ce film est complètement atypique. Ni film d'action, ni film fantastique, il est particulièrement inclassable. En outre, il s'accorde difficilement à la personnalité du réalisateur, même si celui-ci a déjà réalisé des films intimistes comme Sur la route de Madison ou Un monde parfait. La version française de Wikipedia le présente comme un "thriller fantastique" et la version anglaise du même site, comme un "drame fantastique" (drama fantasy film) ce qui n’est pas plus approprié dans un cas que dans l'autre.
On s'attendrait à ce qu'un tel film soit insupportable de sentimentalisme. C'est tout le contraire. Depuis la scène brutale du tsunami qui nous met KO jusqu'à la rencontre finale entre George et Marie, on assiste à un exposé de faits sans pathos, sans musique envahissante (elle a été entièrement écrite par Clint Eastwood lui-même et reste d'une discrétion exemplaire), presque sans émotion... La seule scène où l'émotion nous envahit est celle où George parle au jeune Marcus de son frère décédé.
Ce n'est cependant pas un film entièrement réussi. Quelles que soient ses qualités, je dois dire que je suis, pour une fois, assez d'accord avec la critique de Télérama, qui le qualifie de "bancal et un peu laborieux", même si je trouve cette critique - comme souvent avec cette revue - excessive et injuste. Mais il est vrai que le film désarçonnera un public non préparé (et pas forcément sensible au paranormal) car il en dit à la fois trop et trop peu. Dans plusieurs interviews, Clint Eastwood confesse qu'il n'est pas à l'aise avec le sujet de l'au-delà. Pourquoi, alors, a-t-il choisi d'en faire le sujet de son film ? Sans doute ne nous dit-il pas tout car, même s'il ne veut pas se l'avouer, il se pose certainement des questions sur "ce qui se passe après la mort". Si ce n'était pas le cas, il aurait fait un film plus commercial, avec surenchère d'effets spéciaux, ce que, grâce au ciel, le film n'est pas. Il en aurait pourtant eu les moyens et Hollywood l'aurait sans doute plus facilement suivi qu’avec un projet aussi atypique et, finalement, difficile. Personnellement je considère plutôt comme une qualité ce que certains pourraient trouver comme un défaut mais j'aurais tout de même apprécié une conclusion moins elliptique que celle que nous propose le réalisateur.
vendredi 18 juillet 2014
UN MONDE PARFAIT de Clint Eastwood (USA-1993)
Un monde parfait (A
perfect world) est un thriller réalisé en 1993 par Clint Eastwood avec lui-même dans le rôle du Texas ranger Red
Garnett.
Synopsis
'Butch' Haynes (Kevin Costner) et son co-détenu Terry Pugh se sont évadés de la
prison d'Huntsville (Texas) qui détient le sinistre record du plus grand nombre
d'exécutions capitales des Etats-Unis. Au début de leur cavale, ils font halte
dans une maison où une femme, témoin de Jehovah, élève seule ses trois enfants
: un petit garçon et deux fillettes. Les fugitifs enlèvent le garçon, Phillip
dit "Buzz" (T.J. Lowther)
Perry, 8 ans, pour leur servir d'otage. Peu après, pour défendre
"Buzz" des mauvais traitements que veut lui infliger Terry,
"Butch" tue son complice.
Le film commence lors de la fête
d'Halloween. 'Buzz', qui a été élevé par sa mère dans le strict respect des
préceptes de la secte, n'a jamais eu droit aux amusements des enfants de son
âge. Comme, lorsqu'il a été enlevé, il était en sous-vêtements, 'Butch' entre
dans le premier magasin venu pour lui acheter des vêtements. Lorsqu'ils
entrent, 'Buzz' voit les tenus d'Halloween et son choix se porte aussitôt sur
le déguisement de Casper-le-gentil-fantôme.
Le petit garçon, qui n'a jamais
connu la présence paternelle, fait de son kidnappeur un père de substitution
et, en contrepartie, 'Butch' ressent pour cet enfant privé de jeunesse toute la
tendresse que sa propre vie de criminel ne lui a pas permis de développer.
L'implacable chasse à l'homme
continue cependant et elle est inégale car, pour ne pas mettre la vie de
l'enfant en danger, le ravisseur ne se défendra pas lorsqu'il sera acculé par
ses poursuivants et il sera impitoyablement abattu devant les yeux de
l'enfant.
Comme toujours, l'enfant, bien
qu'ignoré du générique, joue à la perfection. A la différence de beaucoup de
très jeunes artistes, sa carrière ne s’est pas arrêtée : il interprète le
rôle du Dr. Hank Mc Kee dans la série Grey's Anatomy.
Mon opinion
Ce film fait partie de mon top 50
des meilleurs films. Bien que je ne sois pas un grand fan ni de Clint Eastwood
et encore moins de ses opinions politiques, ni des films policiers en général,
je dois reconnaître que celui-ci est une belle une réussite. Dès le début, en
effet, le film nous entraîne bien au-delà d'un classique thriller ou d'un
western dont il contient par ailleurs tous les ingrédients. Il traite en fait,
de manière émouvante et juste, des relations humaines qui peuvent se développer
entre un adulte et un enfant privé d'affection. Tout le talent de Clint
Eastwood est d'avoir inversé les rôles en faisant du criminel - qui n'est
pourtant pas un tendre - un personnage sympathique alors qu'il s’est lui-même
réservé la mauvais rôle. Bien entendu, le rôle de 'Butch" Haynes aurait
été interprété par un acteur moins charismatique que Kevin Costner, la sauce
aurait certainement pris bien moins facilement. La dernière scène, dans laquelle
l'enfant se retourne pour embrasser son ravisseur est tout simplement
bouleversante et on maudit ces salauds qui l’ont exécuté.
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