mardi 30 janvier 2018

MEMOIRES DE NOS PERES film de guerre de Clint EASTWWOD (USA-2006)


Mémoires de nos pères[1] est un film américain réalisé par ClintEastwood et sorti en 2006. Il forme, avec le film Lettres d'Iwo Jima, du même réalisateur, qui aborde les mêmes événements du point de vue des Japonais, un diptyque. Le film est adapté du livre de James Bradley, écrit en collaboration avec Ron Powers, d’après les souvenirs de son père John « Doc » Bradley.  

Présentation

Le film se déroule pendant la prise, par les Américains, de l’île d’Iwo Jima, au large du japon (février-mars 1945).

L’île avait été fortifiée par les Japonais qui attendaient de pied ferme le débarquement des Américains et se solda par un épouvantable carnage des deux côtés (env. 40 000 morts et plus de 20 000 blessés).

Le film s’attache à suivre trois marines américains, un infirmier, John « Doc » Bradley (Ryan Philippe), René Gagnon (Jesse Bradford), et Ira Hayes (Adam Beach) qui deviendront, à leur corps défendant, des héros pour avoir planté sur le sommet de l’île, le Mont Suribachi, le drapeau américain.

En réalité, il y eut deux drapeaux, le premier, récupéré pour des raisons politiques sur ordre du secrétaire d’Etat à la Marine, le second planté au même endroit par six soldats. C’est durant l’érection de ce deuxième drapeau que fut prise la photo « Raising the Flag on Iwo Jima ». Cette photo, prise par Joe Rosenthal, fit la une des journaux et fut ensuite exploitée à outrance par les politiciens pour soutenir l’effort de guerre américain.

Le film montre la tournée à travers les États-Unis des trois soldats survivants, devenus des marionnettes entre les pattes des politiciens qui se moquent de la vérité, ne voyant en eux que le moyen pour récolter le maximum de fonds et poursuivre la guerre. Une fois celle-ci terminée, les « héros » tant adulés seront oubliés et jetés comme des kleenex. Ira, d’origine indienne, victime de racisme et totalement désespéré, finira mort de froid dans la réserve indienne où il est revenu.

Tout autant qu'un hommage aux jeunes soldats ayant combattu lors de cette terrible bataille, ce film est aussi une violente charge contre les politiciens qui ont tiré les ficelles sans prendre de risque. On pouvait donc s’attendre à ce que ce film déclenche une importante polémique aux Etats-Unis. On a aussi reproché au réalisateur d’avoir délibérément ignoré l'importance des soldats afro-américains dans la bataille d'Iwo Jima pour se focaliser uniquement sur des combattants blancs ou indiens. En effet le film ne montre aucun GI de couleur alors qu’ils furent bien entendu nombreux à y participer et que beaucoup y trouvèrent la mort. Eastwood s’en est défendu en disant qu’il avait scrupuleusement suivi le livre de James Bradley et qu’aucun soldat noir ne figurant sur la fameuse photo de Joe Rosenthal, il ne pouvait en mettre un au risque de trahir l'histoire.

Autres acteurs apparaissant dans le film
  • Ralph "Iggy" Ignatowski (Jamie Bell)
  • Hank Hansen (Paul Walker)
Mon opinion sur ce film (un film à ne pas montrer à tous publics)

J’ai voulu voir ce film que j’avais partiellement vu lorsqu’il est passé sur Arte, suivi, d’ailleurs par la 2ème partie du diptyque, Lettres d’Iwo Jima. Il m’a laissé une impression désagréable, tant en raison des scènes de massacre où rien n’est épargné au spectateur (corps mutilés et éventrés, parties de membres répartis sur le sol, têtes tranchées, etc.) que pour le traitement ignoble réservé aux trois « héros ». 

Je ne reproche rien à Eastwood qui n’a fait que retranscrire les horreurs d’une guerre qui fut terriblement meurtrière et rendre compte de la manipulation dont ont été victimes ses trois personnages. Il n’est pas le seul à avoir traité du sort lamentable que les Etats-Unis font à leurs « veterans », quelle que soit la guerre à laquelle ils ont participé (2ème Guerre mondiale, Vietnam, Irak…)  comme cela apparaît dans nombre d’autres films : Né un 4 juillet, Platoon, Brothers, American Sniper, etc. En disant cela, je ne stigmatise pas seulement les Américains car je ne crois pas, hélas, que les autres pays se soient comportés de façon plus honorable avec leurs anciens combattants, même si la France s’est longtemps dotée d’un ministère ad hoc ou a créé le statut de pupilles de la Nation. Il n’y a qu’à voir celui qu’elle a réservé aux anciens harkis, aux combattants sénégalais ou autres troupes coloniales, pour ne citer qu’eux.     

Autres films dans le même esprit :




[1] Le titre original Flags of Our Fathers (Les drapeaux de nos pères) rend bien mieux compte du sujet du film que le titre français.  

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