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lundi 22 janvier 2018

CONTAGION de Steven Soderbergh (USA-2011)


Contagion est un film-catastrophe américain réalisé par Steven Soderbergh, sorti en 2011. Il a été programmé dimanche 21/1/2018 sur France 2 et suivi d’un reportage débat, dans le cadre de l’émission Cellule de crise, présentée par Fabian Bugier avec une interview d’Agnès Buzin, ministre actuelle de la santé.  

Résumé

Beth Emhoff (Gwyneth Paltrow), de retour d’un voyage professionnel à Hong Kong, est atteinte d’une forte fièvre sur l’avion qui la ramène chez elle, à Minneapolis, où elle vit avec Mitch (Matt Damon), et leurs deux enfants, dont le plus jeune décèdera peu de temps après sa mère. Les épidémiologistes l'identifient comme étant le patient zéro. La rapide progression d’un virus mortel tue les personnes contaminées en quelques jours. Alors que l’épidémie se propage à grande vitesse, la communauté médicale mondiale tente, dans une course effrénée contre la montre, de trouver un remède et de contrôler la panique qui se répand encore plus vite que le virus : les gens se battent pour survivre dans une société qui se désagrège.

Les producteurs n’ont pas lésiné quant au choix des acteurs. Outre Gwyneth Paltrow et Matt Damon, la distribution du film est éblouissante :

  • Marion Cotillard : le docteur Leonora Orantes, envoyée à Hong Kong par l’OMS
  • Kate Winslet : Dr. Erin Mears, un officier de Epidemic Intelligence Service
  • Jude Law : Alan Krumwiede, qui joue le rôle d’un journaliste conspirationniste qui prône l’utilisation d’un extrait de Forsythia pour lutter contre la maladie.
  • Laurence Fishburne : le docteur Ellis Cheever,
  • Jennifer Ehle : Dr. Ally Hextall, du CDC (Center for Desease Control and Prevention)
  • Elliott Gould : Dr. Ian Sussman, de l’Université de San Francisco qui identifie le virus en premier

Autour du film

L’idée de départ de Contagion est venue au réalisateur lors d’une collaboration avec le scénariste Scott Z. Burns sur la film The Informant ! (2009). Ils ont alors le projet de réaliser un biopic sur L’actrice allemande très liée à la propagande nazie, Leni Riefenstahl. Mais Soderbergh en abandonne  l'idée. De son côté, Scott Z. Burns est fasciné par l'idée d'une maladie transmissible et suggère de réaliser un thriller sur une situation de pandémie qui ravagerait le monde. Le scénariste contacte alors l'épidémiologiste Larry Brilliant, connu pour son travail sur l'éradication de la variole, comme consultant. Ce dernier lui présente un autre spécialiste, W. Ian Lipkin, directeur de la Mailman School de l'Université Columbia. Par leur biais, les producteurs accèdent à de nombreux rapports de l'Organisation mondiale de la santé. Scott Z. Burns rencontre également l'auteure de The Coming Plague, Laurie Garrett, dont l'ouvrage offre de multiples intrigues possibles au scénariste. W. Ian Lipkin explique que le virus du film se rapproche du virus de Nipah, apparu en Malaisie en 1998.
Le tournage s’est fait à Hong Kong en septembre 2010, Chicago et dans plusieurs autres villes de l'Illinois, ainsi qu’à Atlanta, San Francisco, Londres, Casablanca et Genève où se trouve le siège de l’OMS.

Le film fait aux différentes pendémies connues, celle de la grippe de 1918, appelée aussi « grippe espagnole » qui aurait tué entre 50 et 100 millions de personnes dans le monde entier (selon les derniers chiffres de l'Institut Pasteur), ainsi que des dernières graves épidémies, celles du SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère) (2003-2004) et de la grippe A/H1N1 (2009-2010).

Mon opinion

Je n’avais pas vu ce film au cinéma ni en DVD. J’ai profité de son passage à la télévision pour le voir. Le film, présenté comme un thriller, n’a semble-t-il, pas eu le succès escompté lors de sa sortie. Certes, il se rapproche plus d’un documentaire que d’un thriller mais, personnellement, je l’ai trouvé très convaincant et perturbant. Le processus de contagion est décrit avec la froideur d’un entomologiste qui ne laisse place à aucun pathos. La panique initiale dont font preuve les autorités est aussi particulièrement bien rendue. Un film efficace, qui fait plus réfléchir que divertir. Le documentaire qui suivait, intégrant les dernières connaissances sur les pandémies les plus récentes, était tout à fait passionnant et bien mené.  

dimanche 28 septembre 2014

SHAKESPEARE IN LOVE de John Madden (USA-GB 1998)


Shakespeare in Love est une réalisation américano-britannique de John Madden (1998).
Le film s’inspire assez librement des débuts de la carrière de William Shakespeare (Joseph Fiennes, frère cadet du comédien Ralph Fiennes).

Synopsis

Le film commence pendant l'été 1593 à Londres. Shakespeare a alors 29 ans. Il n’a encore écrit aucune des 37 pièces qui feront de lui l’un des auteurs de théâtre les plus prolifiques et les plus célèbres du monde. Il a déjà publié ses « Sonnets » mais cela ne nourrit pas son homme. A l’époque (comme d’ailleurs à la nôtre !) seul le théâtre rapporte. Sur ce plan, il est en compétition avec Christopher Marlowe (interprété par Rupert Everett), qui a le même âge que lui. Au début du film, Shakespeare n’a écrit, de la pièce qu’il a vendue à son commanditaire, Mr Henslowe, lui-même au bord de la faillite, que le titre : « Roméo et Ethel, la fille du pirate ». Totalement en panne d’inspiration, il va découvrir sa muse en Lady Viola de Lesseps (Gwyneth Paltrow), une jeune femme de la noblesse, qui l’admire pour ses « Sonnets », et rêve de le rencontrer et de devenir actrice. Mais, à l'époque de Shakespeare, l’Angleterre est sous le règne d’Elizabeth 1ère, et on vit encore sous la dictature des puritains qui considèrent le théâtre comme un lieu de perdition. Celui-ci est formellement interdit aux femmes et leurs rôles sont joués par des hommes. Seule la reine (impressionnante Judi Dench), qui peine à asseoir son pouvoir, aime le théâtre et le soutient. Mais elle a suffisamment de problèmes avec les ennemis du trône pour ne pas les affronter directement. C’est cependant cet interdit, qui pouvait, à l’époque, vous conduire directement à l'échafaud, que tente de braver Lady Viola en décidant, par amour pour le théâtre et pour William, de se déguiser en homme et de jouer le rôle de Roméo. William découvre la supercherie et la véritable identité de son « jeune premier » et il en tombe follement amoureux. Malheureusement, la jeune femme est promise à un autre homme, Lord Wessex (Colin Firth). Cet amour impossible inspirera deux de ses plus grandes œuvres au jeune dramaturge : « Roméo et Juliette » puis « La Nuit des rois ».

Ma critique

Shakespeare in love eut à sa sortie un grand succès public, obtenant une note de 8/10 sur le site internet de Rotten Tomatoes, et il fut acclamé la critique internationale. Les critiques français de cinéma furent plus réservés en raison de la trop grande liberté que le réalisateur aurait prise avec la vie de Shakespeare (pour autant qu’on la connaisse, puisque certains historiens ont mis en doute l’existence même du célébrissime auteur anglais !) On reconnaît bien là, hélas, l'outrecuidance française qui nous est tant reprochée à l'étranger. Personnellement, je me suis régalé avec ce film qui nous présente un Shakespeare jeune et sans tabou, heureux de croquer la vie à pleines dents, plutôt qu'un Shakespeare compassé et vieillissant dans une reconstitution historique fidèle mais poussiéreuse. Dans le cas de Shakespeare, sur lequel on sait si peu, surtout dans ses années de jeunesse qui sont celles que le réalisateur a choisi de traiter, le pédantisme n'en est que plus indigeste!  L'intérêt du film réside aussi dans le fait que l'on nous montre le théâtre élisabéthain tel qu'il était à l'époque : à savoir plus près de la grosse farce et du cirque que de ce qu'évoque de nos jours le mot  "théâtre". Le théâtre de l'époque était fait pour le peuple et non pour les nobles ou les lettrés et  les pièces se jouaient dans des lieux qui évoquent plus pour nous  des arènes à ciel ouvert que des théâtres fermés. Le type de théâtre que nous connaissons ne vit réellement le jour que deux siècles plus tard. Si le film prend des libertés avec la "vérité historique" (encore faudrait-il qu'elle soit connue !) il n'en prend pas avec la reconstitution  des théâtres dans lesquels Shakespeare jouait à l'époque (le Globe, qui a été reconstruit en 1996 sur les plans du XVIe et à peu de distance du théâtre originel, le Rose ou le Swann Theatre) ou avec les mœurs élisabéthaines. Ainsi, on peut avoir grâce à ce film une idée de ce qu'était le véritable théâtre de Shakespeare. 

Le film a reçu de nombreuses récompenses internationales. Il a raflé en 1999, pas moins de 7 Oscars dont celui du meilleur film et c’est, à mon avis, entièrement mérité, n’en déplaise aux critiques qui l’ont reçu en faisant la fine bouche.   

mercredi 9 avril 2014

TWO LOVERS de James Gray (USA-2008)

Two lovers de James Gray

Two Lovers est un mélodrame américain réalisé par James Gray, sorti en 2008, inspiré du roman de  Dostoïevski « Les Nuits blanches ».

Synopsis

Leonard (Joaquin Phoenix), grand adolescent dépressif, qui a si mal vécu une précédente séparation qu'il a tenté de se suicider et a fait ensuite un séjour dans un hôpital psychiatrique (le film débute d'ailleurs par une scène où il tente à nouveau de se suicider), est revenu vivre chez ses parents, un couple de juifs modestes qui tient un pressing.

Ceux-ci, dans l’espoir qu’il reprenne le goût de vivre, le poussent dans les bras de Sandra (Vinessa Shaw, particulièrement insipide), la fille de celui qui doit racheter le pressing, mais Leonard tombe amoureux de sa nouvelle voisine de palier, la blonde Michelle (Gwyneth Paltrow, parfaite). Malheureusement pour lui, Michelle, qui travaille dans un cabinet d'avocats à Manhattan, est amoureuse de son patron, Ronald, marié, beaucoup plus âgé qu'elle, et qui semble la mener par le bout du nez.

Pour elle, Leonard n'est qu'un ami et rien de plus. Cependant, bien qu'elle le connaisse à peine, elle se confie entièrement à lui et lui demande même ce qu'il pense de son amant. Leonard est franc avec elle, car il a compris que Ronald se moque d'elle. Leonard déclare à Michelle que lui, il l'aime sincèrement et il la décide à partir avec lui mais, au dernier moment, Michelle fait marche arrière, lui annonçant que Ronald a quitté sa femme pour l'épouser. Désemparé, Leonard se retourne vers Sandra.

Réception critique

La première du film eut lieu en mai 2008 au Festival de Cannes où il était présenté en compétition officielle.
Il a bénéficié d'un immense succès critique en France, au point de se retrouver dans les "Tops" de fin d'année de la revue Cahiers du cinéma. Il a été classé au 14e rang sur la liste établie par Les Inrockuptibles des 100 films les plus importants de la décennie 2000-2010.

 Mon opinion

     J'ai été très déçu par ce film dont m'avait parlé un ami qui l'avait beaucoup aimé. Généralement, toutes les critiques qu'on lit sur Two lovers sont élogieuses. Ce n'est pas mon avis.

L'intrigue des amours contrariées est vieille comme le monde mais elle a été traitée avec beaucoup plus de légèreté et de talent par d'autres réalisateurs : je pense entre autres à My blueberry nights  ou  The Holiday, tous les deux avec Jude Law, qui, sans être des chefs-d'œuvre, sont des films plein de charme et de légèreté.  Ces deux derniers films ont en outre l'avantage d'être glamour et d'instiller quelques touches d'humour et de détachement que l'on peine à trouver dans Two lovers qui, du début à la fin, m’a paru tristounet et insipide et ce, malgré la qualité des interprètes.

Le film m'a en outre paru très long car, à vrai dire, à part les états d'âme des uns et des autres, dont on se lasse vite, il ne s'y passe pas grand-chose. J'ai trouvé aussi Joaquin Phoenix plus "empoté" que véritablement « sombre », comme le décrivent certains critiques et même, dans certaines scènes, à la limite du grotesque. Je n'ai en tout cas pas du tout accroché avec le personnage qu'il est censé incarner.
Dans le bonus, le réalisateur James Gray dit que ses modèles sont Coppola et Scorsese. On est pourtant loin, très loin, de ces deux réalisateurs dont, pourtant, je ne suis pas un fan absolu. Je dois cependant leur reconnaître, à l'un et à l'autre, un talent que ne montre pas, du moins dans ce film, James Gray. Le même réalisateur se présente aussi comme un "réalisateur newyorkais". Certes, le film se passe à New York, entre Brighton Beach et Manhattan, mais il aurait pu se passer n'importe où, New-York ne servant ici que d'arrière-plan au film.

Quelques belles images cependant, une certaine émotion (mais c'est bien la seule) qui se dégage de la dernière scène où Leonard se décide en désespoir de cause à offrir à Sandra la bague qu'il destinait à Michelle. Il faut dire que la bande son (Amalia Rodriguez, extraits de Donizetti ainsi qu'un très bel air de guitare, non crédité au générique ?) aide bien. Mais pour moi ce film ne me laisse pas un grand souvenir.  

  

lundi 16 septembre 2013

DE GRANDES ESPERANCES d'Alfonso Cuaron (USA-1998)


Film américain d'Alfonso Cuaron sorti en 1998 avec Ethan Hawke et Gwyneth Paltrow, dans les rôles principaux. L'histoire, (très) librement adaptée du classique de Charles Dickens, Great expectations, se déroule, de nos jours, aux Etats-Unis.  

Synopsis

L'histoire de Dickens est transposée à notre époque, en Floride. Dans le film, Pip s'appelle Finn (Finnegan). Au lieu d'être le neveu d'un forgeron, il est celui d'un pêcheur. Comme dans Dickens, l'enfant, qui pêche dans le golfe du Mexique, va se trouver confronté avec un forçat en fuite (éblouissant Robert De Niro auquel on pardonnera son cabotinage tant il l'assume dans ce film avec perfection) et, moitié par peur, moitié parce qu'il est bon, il lui viendra en aide en lui apportant médicaments et nourritures. 

Sans qu'il le sache, ce geste transformera sa vie. Car Finn est appelé à une grande carrière. Enfant, il passe son temps à dessiner : il dessine tout ce qu'il voit en y ajoutant une touche de rêve et d'imaginaire.  Il faut d'ailleurs saluer l'illustrateur du film, un artiste italien du nom de Francesco Clemente, pour les œuvres originales qu'il a réalisées. En les voyant, on ne peut s'empêcher de penser à des esquisses de Matisse ou de Picasso, avec, pour la naïveté, une touche du Douanier Rousseau...

Finn a grandi : il est devenu un jeune homme (Ethan Hawke, touchant de naïveté et de timidité) et ses rêves de peinture se sont enfuis. Il s'est résolu à accepter la vie qui s'offre à lui et qui se résume à donner la main à son oncle et devenir pêcheur à son tour. Un jour, il reçoit la visite d'un avocat qui lui offre un billet pour aller exposer dans l'une des galeries les plus en vue de New-York. Qui est le mystérieux mécène ? Finn pense (et nous avec) qu'il ne peut s'agir que de Mrs Dora Dinsmoor, la vieille folle richissime (remarquable prestation d'Anne Bancroft) qu'il allait voir, lorsqu'il était petit garçon, dans son domaine délabré de "Paradiso perdido" ("paradis perdu"). C'est là qu'il avait rencontré Estella, la nièce de la vieille dame, une petite fille perdue et fantasque, dont il était tombé amoureux et qui avait été son premier modèle.

A New-York, il retrouvera Estella, belle, mariée mais malheureuse (Gwyneth Paltrow) qui traîne son mal-être d'un cocktail à un autre. Ils retomberont évidemment immédiatement dans les bras l'un de l'autre. On aurait aimé que ces deux-là soient heureux, mais le temps, la vie, leurs destinées trop différentes et trop complexes, les ont trop éloignés pour qu'ils puissent trouver le bonheur ensemble.

Ils se retrouveront néanmoins, la passion apaisée, dans le domaine en ruine de "Paradiso perdido" qui n'a jamais aussi bien porté son nom pour une fin nostalgique et désabusée.

Mon opinion sur ce film

Ne vous laissez surtout pas décourager par l'affiche (reprise sur la jaquette du DVD), qui est littéralement affreuse et ne donne pas envie de glisser le DVD dans le lecteur. Ce serait passer à côté d'une véritable pépite. 

Alfonso Cuaron est un réalisateur mexicain qui n'est pas très connu en France malgré une importante filmographie. Avant de voir ce film, je ne connaissais de lui que Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban -  qu'il a réalisé et qui est loin d'être le meilleur de la série. Je savais aussi qu'il avait produit le sulfureux et éprouvant Labyrinthe de Pan de son ami Guillermo del Toro.

De grandes espérances est un film baroque, tendre, sensible, comme une peinture impressionniste qui se serait égarée du côté des surréalistes. Nous sommes évidemment très loin du roman de Dickens mais il se dégage néanmoins de cette adaptation le même sentiment doux-amer d'inachevé, de ratage, d'amertume.

Beau cependant, bien filmé, remarquablement joué. Et l'on n'oubliera pas de sitôt les œœuvres naïves décalées et magiques de Francesco Clemente...

Pour une adaptation plus traditionnelle du roman de Dickens, vous pouvez voir : De grandes espérances de Brian Kirk (2011)

Si vous avez aimé ce film, je vous recommande aussi :

mardi 18 juin 2013

LE TALENTUEUX MR. RIPLEY d'Anthony Minghella (USA-1999)

[Post repris de 13/08/2009]


The talented Mr. Ripley (Le talentueux Mr. Ripley) est un film américain, réalisé par Anthony Minghella,  sorti en 1999. Il est adapté du best-seller éponyme de Patricia Highsmith. A 40 ans de distance, deux films ont été tirés de ce roman : Plein soleil de René Clément (avec Alain Delon, Maurice Ronet et Marie Laforêt) et  celui-ci avec Matt Damon et Jude Law.

Synopsis

L'histoire commence à New-York où Tom Ripley (Matt Damon), un étudiant sans le sou, rencontre, lors d'une soirée chez des amis communs, Herbert Greenleaf, un riche armateur. M. Greenleaf prend Tom pour un ami d'université de son fils, Dickie, et Tom ne le détrompe pas. Tom est ensuite invité chez les Greenleaf où par son aisance, sa culture et ses bonnes manières, il parvient sans difficulté à entrer dans l'intimité de cette famille de gens fortunés. 

Depuis plusieurs mois, Dickie vit une vie de bohème en Italie, dans un village de pêcheurs du nom de Mongibello, sur la côte Amalfitaine. Son père n'en a de nouvelles que lorsque Dickie manque d'argent. M. Greenleaf voudrait que Dickie revienne en Amérique pour travailler avec lui. Il propose à Tom  de se rendre en Italie, tous frais payés, pour convaincre son fils de rentrer aux Etats-Unis. Pour Tom qui, toute sa vie, a rêvé de l'Italie, l'occasion est trop belle. Il accepte la proposition de M. Greenleaf et part pour l'Italie. A son arrivée à Mongibello, il trouve Dickie en compagnie de son amie Marge Sherwood (Gwyneth Paltrow). dans un premier temps, l'accueil que réserve Dickie à Tom est plutôt frais mais, en partie par pitié, en partie par ennui et aussi à la gentillesse de Marge, il accueille Tom chez lui et ils finissent par devenir d'inséparables amis. C'est du moins ce que veut croire Tom jusqu'à ce, qu'en enfant gâté qu'il est, Dickie le rejette comme on le ferait d'un kleenex usagé.

Tom, blessé dans son amour propre et se sentant trahi dans son amitié par une énième méchanceté gratuite de Dickie, le tue dans un accès de rage. Comme ils se ressemblent physiquement, Tom, usurpant l'identité de Dickie, se fait passer pour lui. Il doit ensuite donner le change et, lorsqu'il est sur le point d'être démasqué par l'horrible Freddie Miles (inquiétant Philip Seymour Hoffman), moins facile à tromper que la crédule Marge, il le tue lui aussi, tout en détournant les soupçons de la police sur Dikkie.  

Mon opinion sur ce film

Pour moi, ce film est un chef d'oeuvre, bien plus réussi que le roman original de Patricia Highsmith qui pèche par de nombreuses incohérences. Soutenu par des acteurs brillants (le talent de mimétisme de Matt Damon est véritablement impressionnant), par des paysages magiques (la côte amalfitaine, la Riviera, Venise), ainsi qu'une bande son remarquable : il faut savoir que, lors de la scène de "bœuf" dans une boîte de jazz, ce sont les deux acteurs, Jude Law et Matt Damon, qui interprètent sans aucun doublage plusieurs chansons. C'est un des grands moments de ce film où la musique joue un rôle primordial.

Le film existe en DVD. Je vous conseille, si vous en avez la possibilité, de le regarder dans la langue originale.