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mardi 30 décembre 2014

PLEIN SOLEIL de René Clément (FR - 1960 remastérisé 2013)


Plein Soleil, film réalisé par René Clément, a été tourné entre le 3 août et le 22 octobre 1959. Il est sorti sur les écrans le 10 mars 1960. Le film remastérisé est ressorti en juillet 2013.

Il s'agit de la première adaptation du best-seller de Patricia Highsmith : M. Ripley, dont un remake a été réalisé 40 ans plus tard par Anthony Minghella sous le titre Le talentueux Mr. Ripley avec, dans les rôles principaux, Jude Law (Dickie Greenleaf) et Matt Damon (Tom Ripley).  

Résumé

Herbert Greenleaf, un milliardaire américain, donne mission à Tom Ripley (Alain Delon), un étudiant rencontré par hasard, qu’il croit être un ami de son fils Philippe (Maurice Ronet), la mission de convaincre ce dernier, en vacances prolongées en Italie avec sa petite-amie Marge (Marie Laforêt), de revenir aux USA pour le seconder dans ses affaires. 

Tom, qui n'a jamais voyagé et rêve depuis toujours de connaître l'Italie, part tous frais payés et parvient à devenir un familier de Philippe Greenleaf. Dans un premier temps, Philippe traite Tom comme un ami puis, lassé de lui, il l'humilie. Lors d'une sortie en mer, Tom, excédé par les vexations de Philippe, assassine ce dernier puis usurpe son identité.

Distribution

  • ·         Alain Delon : Tom Ripley/Philippe Greenleaf
  • ·         Marie Laforêt : Marge Duval
  • ·         Maurice Ronet : Philippe Greenleaf
  • ·         Elvire Popesco : Madame Popova
  • ·         Billy Kearns : Freddy Miles

C’est Plein Soleil qui fit d’Alain Delon, qui avait pourtant déjà tourné 6 films, une star planétaire à 25 ans. Voici ce qu’écrivent dans Télérama Laurent Rigoulet et Guillemette Odicino à l’occasion de la sortie du film remastérisé en juillet 2013.

« Voici trois raisons de voir ou de revoir ce film qui a notamment donné naissance à un monstre du cinéma, Alain Delon. Patricia Highsmith n'a pas vécu assez longtemps pour voir Matt Damon incarner son héros ambigu, Tom Ripley, dans le film qu'Anthony Minghella a tiré de son roman, Le Talentueux Monsieur Ripley, en 1998. Mais elle avouait volontiers un faible prononcé pour l'adaptation réalisée en 1960 par René Clément, Full Sun, Blazing Sun ou Purple Noon en anglais, Plein Soleil pour la version originale. Pour la romancière, Alain Delon incarnait à la perfection l'élégant et troublant usurpateur de son livre et le réalisateur de Jeux interdits et de Monsieur Ripois signait la meilleure mise en scène d'une de ses œuvres, coiffant même haut la main Hitchcock et sa version de L'Inconnu du Nord-Express. Parmi les étiquettes mal ajustées qui collèrent à la carrière de René Clément, il y a d'ailleurs celle d'« Hitchcock français », maître du thriller et de la stylisation à qui Hollywood faisait les yeux doux. Quand Martin Scorsese a orchestré la restauration et la redécouverte de Plein Soleil aux Etats-Unis en 1996, la critique s'est emballée pour la noirceur et l'ambiguïté d'une mise en scène « que n'aurait pas renié Hitchcok », relevant un goût pour la perversion qui met le spectateur au défi de ne pas s'attendrir pour le beau Delon, « placide psychopathe ». Un chef-d'œuvre de thriller psychologique, du genre à donner la chair de poule », écrivait le Washington Post. Les Américains s'entendaient cependant sur un point : ils regrettaient que René Clément n'ait pas eu l'aplomb de suivre Patricia Highsmith jusqu'au bout de son ambivalence morale et qu'il se soit permis d'inventer un épilogue à sa manière. » Epilogue qui, personnellement, m'a beaucoup déçu d'autant qu'il contredit grossièrement l'intelligence et la finesse que le héros démontre tout au long du film.

Personnellement, je préfère de beaucoup la version de Minghella, Le talentueux Mr. Ripley, avec Jude Law dans le rôle de Dickie Greenleaf et Matt Damon, dans celui de Ripley, qui est pour moi un chef-d’œuvre absolu mais je reconnais que l’adaptation de René Clément du même roman, 40 ans plus tôt, n’est pas sans mérite.

On peut se demander lequel des deux films est resté le plus fidèle au roman. Dans Plein Soleil, Alain Delon joue un personnage froid et sans scrupules qui a une revanche à prendre sur la société et prémédite son crime. Il campe un Tom Ripley sûr de lui et de la séduction animale qu’il dégage. Sous un visage d’ange, c’est un être diabolique par lequel on est plus fasciné que séduit. 

Dans le film de Minghella, au contraire, Matt Damon nous est, dès l'abord, sympathique et le restera jusqu'après ses méfaits. Au début, en effet, Damon incarne un garçon timide, effacé, qui se laisse entraîner par ses émotions et réagit aux circonstances sans vraiment réfléchir, ce qui le met dans des situations où il frôle chaque fois la catastrophe, se rétablissant toujours in-extremis. L'acteur est éblouissant dans ce rôle complexe, passant du gentil jeune homme bien élevé au criminel, puis à l’usurpateur assumé. On ne peut en vouloir au Ripley de Minghella car c’est une victime des événements qui s’enchaînent et qu’il n’a rien prémédité. Bien que ce soit un criminel, on a envie qu’il s'en sorte car c’est un brave type et Greenleaf au contraire, un salaud qui n'a que ce qu'il mérite. En cela, la version de Minghella et l'interprétation de Matt Damon est plus fidèle au livre de Patricia Highsmith que celle de René Clément. 


Mais on doit reconnaître que la version du réalisateur français est plus réussie sur le plan purement cinématographique que celle de Minghella car il a fait de la mer bleu azur, qui offre un contrepoint parfait au regard bleu acier du jeune Delon, un véritable personnage de son film. On y ressent aussi peut-être plus l’ambiance de Dolce Vita et il a su restituer la beauté de l’Italie, notamment de Rome, qui passe au second plan dans le film américian. Il faut dire que la musique originale du film français, composée par Nino Rotta, n'est sans doute pas pour rien dans cette réussite même si la bande son du film de Minghella est, elle aussi, remarquable en particulier lorsque Jude Law et Matt Damon chantent sans être doublés la fameuse chanson Tu Vuo' Fa' l'Americano.

En conclusion : bien difficile de trancher sur les mérites relatifs de l'une et l'autre adaptation car toutes deux ont leurs qualités. Ce sont en tout cas deux films magnifiques qu'il faut avoir vus.

mardi 4 février 2014

DECES DE PHILIP SEYMOUR HOFFMAN


 Philip Seymour Hoffman était né le 23 juillet 1967 à Fairport (État de New York, États-Unis). On l’a  retrouvé mort dimanche 2 février 2014 dans son appartement new-yorkais, vraisemblablement des conséquences d’une overdose d’héroïne. Il n’avait que 46 ans.

C’était un acteur exceptionnel.  On se souviendra de lui pour son interprétation de Truman Capote, dans le biopic du même nom réalisé par Bennett Miller en 2005. Pour ce rôle, il avait reçu l'Oscar du meilleur acteur ainsi qu'un Golden Globe.

Il excellait aussi dans les seconds rôles. Je l’avais découvert, en 1999, dans le rôle de Freddie Miles, dans le film tiré du roman de Patricia Highsmith, "Le Talentueux Mister Ripley" puis, en 2008, dans le rôle de Gust Avrakotos, où il jouait le rôle d’un agent de la CIA totalement blasé dans «La guerre selon Charly Wilson ». Je l’avais aussi beaucoup apprécié en 2009, dans le rôle du Comte dans la comédie décoiffante "Good Morning England" de Richard Curtis, où il interprètait un personnage excentrique et égocentrique dans les années rock'n'roll, aux côtés de Rhys Ifans et Bill Nighy. 

Par contre, je n’avais pas du tout aimé le seul film qu’il ait réalisé et dans lequel il jouait, Rendez-vous l’été prochain  (2010)

Son dernier rôle fut celui de Plutarch dans le deuxième volet de la trilogie Hunger Games,  personnage qui aurait pris encore plus d’importance dans le dernier épisode de la saga.

A voir aussi dans le rôle d'un prêtre accusé de pédophilie dans le film Doute, face à l'intransigeante Meryl Streep


mardi 21 janvier 2014

GREEN ZONE de Paul Greengrass (USA-2010)


Film d'action américain écrit par Brian Helgeland,et réalisé par Paul Greengrass qui avait déjà réalisé deux épisodes de The Bourne identity (La mort dans la peau et La vengeance dans la peau) avec Matt Damon que j'apprécie beaucoup depuis son rôle face à Jude Law dans Le talentueux Mister Ripley.

Synopsis

Le film se passe lors de l'intervention américaine en Irak en 2003. Le commandant Roy Miller (MattDamon) a reçu pour mission de trouver des armes de destruction massive (A.D.M.) censées être stockées en différents endroits du pays. Après plusieurs échecs sur des sites indiqués par les agences gouvernementales comme étant des sites "sûrs", le commandant Miller commence à se poser des questions sur les informations qui leur ont été communiquées. Mis sur la piste par un agent de la CIA qui, pour une fois, a le beau rôle, Miller se rend compte que ces fameuses "informations" sont truquées et qu’elles avaient pour seul but de donner au gouvernement américain de George Bush un prétexte pour intervenir en Irak.

Mon opinion 

J'attendais beaucoup mieux de ce film bâti sur un scénario de Brian Helgeland, dont j'avais beaucoup apprécié le magnifique et totalement jouissif Chevalier avec Heath Ledger. Il est vrai que ce n'est pas ce dernier qui était aux commandes de The green zone mais Paul Greengrass dont les mises en scène des deux adaptations de la saga Bourne m'avaient relativement déçu, alors que j'avais adoré les bouquins. Ici, nous avons affaire à la même mise en scène confuse que dans ses adaptations de La mort dans la peau et La vengeance dans la peau où, à la différence des livres, le réalisateur privilégie l'action et la violence à la psychologie des personnages. Cela s'arrange un peu dans la 2ème moitié du film mais on est très loin d'un film comme Lions et agneaux, La guerre selon Charlie Wilson ou Blood diamond qui touchent aux mêmes sujets.

lundi 11 novembre 2013

SHERLOCK HOLMES par Guy Ritchie (2009)


Sherlock Holmes est une coproduction anglo-américano-allemande de Guy Ritchie, sortie en 2009. Le film ne doit pas grand chose à l'oeuvre de sir Arthur Conan Doyle, car il s'inspire d'un comic-book, jamais publié, de Lionel Wigram qui a collaboré à quatre épisodes de la saga Harry Potter.

Synopsis

Après être enfin venu à bout du tueur et occulte « magicien » Lord Blackwood, le légendaire détective Sherlock Holmes et son assistant le Dr Watson peuvent clore un autre cas brillamment résolu. Mais quand Blackwood revient mystérieusement d'entre les morts et reprend ses sombres activités, Holmes doit repartir sur ses traces.

Mon opinion sur ce film

Il n’y a pas grand-chose à dire du scénario qui n’a rien à voir avec les aventures de Sherlock Holmes écrites par Conan Doyle. Le comic-book de Lionel Wigram, dont s’est inspiré le synopsis du film, prend pour prétexte toutes les zones d’ombre des héros de Doyle pour faire de Sherlock et de de son ami Watson des personnages entièrement nouveaux que l’on a du mal à reconnaître, même si le scénariste jure ses grands dieux qu'il n'a rien inventé.

Je connais assez bien l'œuvre d'Arthur Conan Doyle pour avoir dévoré beaucoup de ses livres (sinon tous !) lorsque j’étais adolescent : depuis, j'ai appris que Sherlock, s'il fumait la pipe, n'y mettait pas que du tabac car il consommait en effet, comme d'ailleurs beaucoup de gens de son époque, de la cocaïne ou l'opium. Conan Doyle le décrit aussi comme un sportif accompli (ce qui est assez antinomique, quoique...) et il pratiquait divers sports de combat comme la boxe, l'escrime, etc.  (le baritsu m’avait échappé, mais pourquoi pas ?)

En fait, l'apparence physique (grand, élancé, distingué...) de même que sa personnalité nous sont bien connues, en particulier par une description précise que fait du personnage Watson dans "Une étude en rouge". Pourquoi, alors, en avoir fait cet énergumène que nous présente le film ? Le Sherlock Holmes de Guy Ritchie est à l’opposé de l'univers de Conan Doyle : tout ce qui fait la saveur des romans de Doyle, ce sont les atmosphères plus, à vrai dire, que les énigmes. On prend plus plaisir à voir fonctionner le cerveau de ses héros et à écouter leurs échanges verbaux savoureux qu'à les voir résoudre les meurtres. 

Ce film n'est rien d'autre qu'une farce grandguignolesque, où les scènes d’action se succèdent au rythme d’une mitraillette déchaînée,  nous saturant de bruits et  d'effets spéciaux spectaculaires. On s'en prend à préférer des films comme la série des Benjamin Gates où - à défaut d'être crédibles - les scenarii ont au moins le mérite de tenir la route et d'être drôles, ce qui n'est pas le cas de celui-là où les invraisemblances sont tellement nombreuses qu'au bout de 10 minutes de film, j'ai cessé d'en tenir le compte. Qu’on me comprenne bien, je ne suis pas contre les films d'action ou les films de divertissement, même si ce n'est pas ma priorité au cinéma, dans la mesure où ils se basent sur des scenarii valables et ne nous submergent pas de bruits et d'effets spéciaux uniquement destinés à faire oublier l'indigence de tout le reste. J'ai par exemple longtemps boudé la série des Terminator, jusqu'à ce que je découvre les Chroniques de Sarah Connor. Je n'ai pas détesté Matrix ou même la série des Rambo et je suis un grand fan de Star Wars dont j'attends une suite. Et je déteste franchement les films où il ne se passe rien. Qu'on ne me fasse donc pas un faux procès.

On se demande (mais c’est valable pour d’autres films, de plus en plus nombreux, hélas), comment des producteurs peuvent miser autant d'argent sur un Guy Ritchie qui, depuis son seul film qui l’ait fait remarquer, Arnaques, crimes et botanique en 1998, n’a réalisé que des navets et dont le seul fait d’armes est d’avoir été, pendant huit ans, l'époux de Madonna  (ce qui, en soi, est, on le concède, un exploit) ?

Mais, moi qui suis un fan de Jude Law, je ne comprends pas ce qu’il est venu faire dans cette galère, d’autant qu’à mon avis, il est utilisé à contre-emploi. Ou je comprends trop bien. Je suppose que cet acteur, par ailleurs excellent (voir Bienvenue à Gattaca, Retour à Cold mountain ou Le talentueux Mr. Ripley pour s'en convaincre, n'en est pas non plus, il faut bien le reconnaître,  à un navet près.) Sans doute faut-il voir dans cet éclectisme un sérieux besoin d'argent... Dommage qu'un acteur de cette qualité se laisse aller à accepter n'importe quel rôle pour des raisons purement  économiques.

Quant à Robert Downey Jr, qui joue le personnage de Sherlock, on se demande bien ce qui est passé par la tête du directeur de casting de le choisir (même si je ne mets pas ses qualités d'acteur en doute) tant il est éloigné de ce qu'on imagine du personnage ! Le seul acteur intéressant est le chien. Il est à tout le moins reposant car il passe son temps à dormir alors que ses maîtres sont tellement excités et hypervitaminés qu'on se demande à quoi ils fonctionnent.


Comme si un tel navet n’avait pas suffi, Guy Ritchie a remis ça, en 2011, avec un second opus de la même veine : « Sherlock Holmes : jeu d'ombres ».  J'avoue ne pas comprendre... Inutile de vous dire qu’on ne m’y a pas pris une deuxième fois et que vous ne lirez pas ici une critique de ce deuxième film. 

lundi 8 juillet 2013

PAR EFFRACTION D'ANTHONY MINGHELLA (2006)


Par effraction film d’Anthony Minghella (2006)

Par effraction (Breaking and Entering) est un film anglo-américain d'Anthony Minghella réalisé en 2006. AvecJude Law, Juliette Binoche, Robin Wright-Penn et Rafi Gavron.

Synopsis

L'action se déroule à Londres. Le couple de Will, un jeune architecte en vogue (Jude Law) et de sa compagne Liv (Robin Wright-Penn), est sur le point d’exploser en raison des difficultés de plus en plus grande qu’ils rencontrent avec leur fille de 13 ans, Bea (Popy Rogers), qui est autiste.
Avec son associé, Sandy (Martin Freeman), Will vient d’installer son cabinet dans des locaux industriels désaffectés dans le quartier difficile de King's Cross à Londres. Leurs luxueux locaux attirent une bande de jeunes voleurs, dirigés par une mafia serbo-bosniaque. Après plusieurs cambriolages effectués par les toits, Will décide à surveiller les locaux : il prend en filature un des jeunes voleurs jusque chez lui où le jeune homme, Miro, vit avec sa mère, Amira (Juliette Binoche), une réfugiée bosniaque qui  fait des travaux de couture pour subvenir à leurs besoins.
Afin d'en apprendre plus sur le gang, Will sympathise avec Amira mais, les problèmes de son couple aidant, il en tombe amoureux et remet tout son univers en question.

Mon opinion 

J’ai voulu voir ce film pour son réalisateur, Anthony Minghella, dont j’avais apprécié Le patient anglais (1996), Le talentueux Mr. Ripley (1997) et Retour à Cold Mountain (2003). Ce film n’est pas, malgré la présence de Juliette Binoche et surtout de Jude Law, que je considère comme un très grand acteur, à la hauteur des précédents.
L’histoire est intéressante : une situation difficile engendrée dans un couple qui s’aime par une enfant autiste, des relations humaines complexes, mais, malgré la présence charismatique de Jude Law et celle, convaincante de Juliette Binoche,  la tentative du réalisateur n’est pas totalement réussie. Quelques points positifs rendent cependant ce film attachant : l’amour et la patience que Will porte à Bea (dont il n’est pas le père biologique), la facétieuse prostituée, et surtout le jeu tout en retenue du jeune Rafi Gavron justement distingué comme « Meilleur espoir ». Malgré cela, le film n’a obtenu que 34 % d’opinions favorables sur Rotten Tomatoes.


Ma note : 3/5 


mardi 18 juin 2013

Matt DAMON (Acteur américain)


Matthew Paige Damon, dit Matt Damon, est né le 8 octobre 1970 à Cambridge, dans le Massachusetts. Il est de nationalité américaine.

Matt Damon fut révélé par le film Will Hunting (1997) dont il avait écrit le scénario avec son copain Ben Affleck.

Vie personnelle

Ses parents ont divorcé alors qu’il n'avait que deux ans. Avec son frère Kyle, il a été élevé par sa mère et grandit à Boston. Il est devenu ami, à l’âge de dix ans, avec Ben Affleck, lui aussi issu de parents divorcés et habitant la même ville. Ils n’ont depuis jamais cessé d’être amis et ont écrit ensemble le scénario de Will Hunting, leur premier grand succès. Matt Damon a des ancêtres anglais, écossais, finlandais, et suédois. Marié en 2005, il est père de quatre filles.

Matt Damon s'est sincèrement engagé pour défendre plusieurs causes caritatives. En 2009, il a créé une association à but non lucratif, Water.org, dont le but est de développer l'accès à l'eau potable en Afrique.

Carrière

Dès son adolescence, il suit des cours de théâtre et, après des études littéraires à Harvard, Matt Damon se produit sur les planches, où il connaît son premier succès dans la pièce The Speed of Darkness de Steve Tesich.

Au début, Matt Damon se contenta de rôles de figurants avant de trouver des seconds rôles :

- en 1988 : Mystic Pizza de Donald Petrie, aux côtés de Julia Roberts et Geronimo de Walter Hill.
- 1992 : School ties (La différence) aux côtés de Ben Affleck, Brendan Fraser, Chris O'Donnell....
- En 1993, il perce dans À l'épreuve du feu d'Edward Zwick avec Meg Ryan.

À cette époque, ne décrochant pas le grand rôle qu’il espérait, il décida de s’écrire un rôle sur mesure. Pour cela, il fait appel à son ami de toujours Ben Affleck. Ils commencent alors l’écriture d’un scénario racontant l’histoire d’un génie vivant dans la banlieue pauvre de Boston. Entre-temps, Francis Ford Coppola fait appel à lui pour revêtir le costume d’un jeune avocat idéaliste dans L'Idéaliste, d'après un roman de John Grisham, en 1997. Les studios Miramax achètent le scénario écrit par Affleck et Damon. Le film deviendra Will Hunting (1997), réalisé par Gus Van Sant qui obtint un succès commercial et de multiples prix dont l'Oscar du meilleur scénario original et l'Ours d'argent au Festival de Berlin. Ce film propulsa aussi les deux acteurs, alors presque inconnus, au rang de vedettes.

Après le tournage de Will Hunting, Matt Damon fut très sollicité : Steven Spielberg lui proposa d’incarner le soldat Ryan dans Il faut sauver le soldat Ryan (1998), puis il interprète Tom Ripley dans Le Talentueux Mr Ripley (d'Anthony Minghella, 1999). Il enchaîne ensuite avec Les Joueurs de John Dahl (1999) puis Dogma de son ami Kevin Smith (1999).

Ce qui donne à la carrière de Matt Damon un aspect si irrégulier, alternant les comédies, les drames, les grosses productions et les films indépendants, ce sont ses rencontres.

Après le tournage de Will Hunting, il devint l'ami de Gus Van Sant. En 2000, il fait une apparition dans À la rencontre de Forrester. Deux ans plus tard, en 2002, leur collaboration reprend pour Gerry, film sur l’errance, racontant l’histoire de deux hommes perdus dans la Vallée de la Mort. Le film, quasi expérimental, est écrit par Damon et Casey Affleck, le petit frère de Ben. Si Matt Damon est ami avec les deux frères Affleck, ils n’en sont pas moins compagnons de travail. Leur statut d’acteurs vedettes leur permet de promouvoir les jeunes talents en développant des concours de scénaristes et en produisant des jeunes réalisateurs.

Matt Damon retrouve Casey Affleck sur scène à Londres dans This is Our Youth puis en 2001 dans Ocean's Eleven et marque ainsi son entrée dans le cercle de Steven Soderbergh et de George Clooney. Il apparaît d'ailleurs (le temps d'un clin d'œil) avec Brad Pitt dans la première réalisation de George Clooney, Confessions d'un homme dangereux (2002).

En 2002, Matt Damon est la voix de Spirit dans le dessin animé de DreamWorks Spirit, l'étalon des plaines. La même année, Matt Damon est pour la première fois le héros d’un film d'action. Il incarne Jason Bourne dans La Mémoire dans la peau, adaptation du roman éponyme de Robert Ludlum. Les résultats au box-office sont excellents et une suite sort en 2004 : La Mort dans la peau. Damon retrouve ensuite Brad Pitt et George Clooney en 2004 dans Ocean's Twelve et en 2007 dans Ocean's Thirteen. En 2004, sa collaboration avec Clooney se poursuit une nouvelle fois puisqu’il tourne dans Syriana de Stephen Gaghan.

Ce retour en grâce, après une série de bides commerciaux, lui permet de cumuler les projets. Ainsi, en 2004, il tourne non seulement avec Steven Soderbergh, mais il est dirigé par Terry Gilliam dans le navet Les Frères Grimm et par les frères Farrelly dans la comédie Deux en un. On le retrouve ensuite en flic bostonien en 2006, dirigé pour la première fois par Martin Scorsese auprès de Jack Nicholson, Leonardo DiCaprio, Mark Wahlberg, Alec Baldwin et Vera Farmiga dans Les Infiltrés.

En 2007, il joue dans La Vengeance dans la peau qui clôt la trilogie de Jason Bourne. Il est aussi le personnage principal de Raisons d'État (The Good Shepherd), réalisé par Robert De Niro.

En 2009, il retrouve une nouvelle fois Steven Soderbergh pour The Informant. Dans ce film inspiré de faits réels, il interprète Mark Whitacre, un informateur du FBI au sein d'une grande société d'agroalimentaire.

Les fans de Jason Bourne s'attendaient, fin 2009, à retrouver leur héros avec la paire Damon-Greengrass, mais de peur de produire un film au scénario décevant, ce fut un autre genre qui fut tourné. Matt Damon interprète le rôle d'un commandant d'une unité militaire basée en Irak en 2003 chargé de trouver des armes de destruction massive, dans ce film intitulé Green Zone.

En 2010, il collabore à nouveau avec Clint Eastwood pour le drame Au-delà, un an après Invictus dans lequel il incarnait le rugbyman sud-africain Francois Pienaar. Il travaille ensuite pour la première fois avec les frères Coen pour le western True Grit, avec Jeff Bridges, Josh Brolin et la jeune Hailee Steinfeld.

Il tourne ensuite dans L'Agence, un film de science-fiction, sorti en mars 2011 en France.

Filmographie

Cinéma
  • 1988 : Mystic Pizza de Donald Petrie : Steamer
  • 1988 : Le Prix de la passion (The Good Mother) de Leonard Nimoy : Un figurant
  • 1989 : Jusqu'au bout du rêve (Fields of Dreams) de Phil Alden Robinson : Un supporter de baseball
  • 1992 : La Différence (School Ties) de Robert Mandel : Charlie Dillon
  • 1993 : Geronimo (Geronimo: An American Legend) de Walter Hill : Le sous-lieutenant Britton Davis
  • 1996 : Une virée d'enfer (Glory Daze) de Rich Wilkes : Edgar Pudwhacker
  • 1996 : À l'épreuve du feu (Courage Under Fire) d'Edward Zwick : Le sergent Ilario
  • 1997 : Will Hunting (Good Will Hunting) de Gus Van Sant : Will Hunting
  • 1997 : L'Idéaliste (The Rainmaker) de Francis Ford Coppola : Rudy Baylor
  • 1997 : Méprise multiple (Chasing Amy) de Kevin Smith : Shawn Oran
  • 1998 : Les Joueurs (Rounders) de John Dahl : Mike McDermott
  • 1998 : Il faut sauver le soldat Ryan (Saving Private Ryan) de Steven Spielberg : Le soldat de 2e classe James Francis Ryan
  • 1999 : Le Talentueux Mr. Ripley (The Talented Mr. Ripley) d'Anthony Minghella : Tom Ripley
  • 1999 : Dogma de Kevin Smith : Loki
  • 2000 : À la rencontre de Forrester (Finding Forrester) de Gus Van Sant : Steven Sanderson (caméo)
  • 2000 : De si jolis chevaux (All the Pretty Horses) de Billy Bob Thornton : John Grady Cole
  • 2000 : La Légende de Bagger Vance (The Legend of Bagger Vance) de Robert Redford : Rannulph Junuh
  • 2001 : Ocean's Eleven de Steven Soderbergh : Linus Caldwell
  • 2001 : Jay et Bob contre-attaquent (Jay and Silent Bob Strike Back) de Kevin Smith : Lui-même / Will Hunting
  • 2002 : Confessions d'un homme dangereux (Confessions of a Dangerous Mind) de George Clooney : Matt, un candidat du Dating Game (caméo)
  • 2002 : La Mémoire dans la peau (The Bourne Identity) de Doug Liman : Jason Bourne
  • 2002 : Gerry de Gus Van Sant : Gerry
  • 2002 : Une soirée parfaite (The Third Wheel) de Jordan Brady : Kevin
  • 2003 : Deux en un (Stuck on You) de Peter et Bobby Farrelly : Bob Tenor
  • 2004 : Ocean's Twelve de Steven Soderbergh : Linus Caldwell
  • 2004 : La Mort dans la peau (The Bourne Supremacy) de Paul Greengrass : Jason Bourne
  • 2004 : Père et Fille (Jersey Girl) de Kevin Smith : Un directeur de la communication
  • 2004 : Eurotrip (EuroTrip) de Jeff Schaffer : Donny
  • 2005 : Syriana de Stephen Gaghan : Bryan Woodman
  • 2005 : Les Frères Grimm (The Brothers Grimm) de Terry Gilliam : Wilhelm Grimm
  • 2006 : Raisons d'État (The Good Shepherd) de Robert De Niro : Edward Wilson (rôle basé sur James Angleton)
  • 2006 : Les Infiltrés (The Departed) de Martin Scorsese : Le sergent Colin Sullivan
  • 2007 : Ocean's Thirteen de Steven Soderbergh : Linus Caldwell
  • 2007 : La Vengeance dans la peau (The Bourne Ultimatum) de Paul Greengrass : Jason Bourne
  • 2007 : L'Homme sans âge (Youth Without Youth) de Francis Ford Coppola : Ted Jones, un reporter de Life
  • 2008 : Che, 2e partie : Guerilla (Che Part 2: Guerrilla) de Steven Soderbergh : Schwartz, le prêtre allemand
  • 2009 : The Informant! de Steven Soderbergh : Mark Whitacre
  • 2009 : Invictus de Clint Eastwood : Francois Pienaar
  • 2010 : Green Zone de Paul Greengrass : le commandant Roy Miller
  • 2010 : Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood : George Lonegan
  • 2010 : True Grit de Joel et Ethan Coen : Le Texas Ranger LaBoeuf
  • 2011 : L'Agence (The Adjustment Bureau) de George Nolfi : David Norris
  • 2011 : Contagion de Steven Soderbergh : Mitch Emhoff
  • 2011 : Margaret de Kenneth Lonergan : Aaron Caije
  • 2011 : Nouveau Départ (We Bought a Zoo) de Cameron Crowe : Benjamin Mee
  • 2012 : Promised Land de Gus Van Sant : Steve Butler
  • 2013 : Elysium de Neill Blomkamp : Max
  • 2013 : Ma vie avec Liberace de Steven Soderbergh
  • 2014 : Zero Theorem (The Zero Theorem) de Terry Gilliam : Management
  • 2014 : Monuments Men (The Monuments Men) de George Clooney : James Granger (rôle basé sur James J. Rorimer)
  • 2014 : Interstellar de Christopher Nolan : Le Dr Mann
  • 2015 : Seul sur Mars (The Martian ) de Ridley Scott : Mark Watney
  • 2016 : Jason Bourne de Paul Greengrass : Jason Bourne
  • 2016 : La Grande Muraille (The Great Wall, 長城) de Zhang Yimou
  • 2017 : Downsizing d'Alexander Payne (en pré-production)


LE TALENTUEUX MR. RIPLEY d'Anthony Minghella (USA-1999)

[Post repris de 13/08/2009]


The talented Mr. Ripley (Le talentueux Mr. Ripley) est un film américain, réalisé par Anthony Minghella,  sorti en 1999. Il est adapté du best-seller éponyme de Patricia Highsmith. A 40 ans de distance, deux films ont été tirés de ce roman : Plein soleil de René Clément (avec Alain Delon, Maurice Ronet et Marie Laforêt) et  celui-ci avec Matt Damon et Jude Law.

Synopsis

L'histoire commence à New-York où Tom Ripley (Matt Damon), un étudiant sans le sou, rencontre, lors d'une soirée chez des amis communs, Herbert Greenleaf, un riche armateur. M. Greenleaf prend Tom pour un ami d'université de son fils, Dickie, et Tom ne le détrompe pas. Tom est ensuite invité chez les Greenleaf où par son aisance, sa culture et ses bonnes manières, il parvient sans difficulté à entrer dans l'intimité de cette famille de gens fortunés. 

Depuis plusieurs mois, Dickie vit une vie de bohème en Italie, dans un village de pêcheurs du nom de Mongibello, sur la côte Amalfitaine. Son père n'en a de nouvelles que lorsque Dickie manque d'argent. M. Greenleaf voudrait que Dickie revienne en Amérique pour travailler avec lui. Il propose à Tom  de se rendre en Italie, tous frais payés, pour convaincre son fils de rentrer aux Etats-Unis. Pour Tom qui, toute sa vie, a rêvé de l'Italie, l'occasion est trop belle. Il accepte la proposition de M. Greenleaf et part pour l'Italie. A son arrivée à Mongibello, il trouve Dickie en compagnie de son amie Marge Sherwood (Gwyneth Paltrow). dans un premier temps, l'accueil que réserve Dickie à Tom est plutôt frais mais, en partie par pitié, en partie par ennui et aussi à la gentillesse de Marge, il accueille Tom chez lui et ils finissent par devenir d'inséparables amis. C'est du moins ce que veut croire Tom jusqu'à ce, qu'en enfant gâté qu'il est, Dickie le rejette comme on le ferait d'un kleenex usagé.

Tom, blessé dans son amour propre et se sentant trahi dans son amitié par une énième méchanceté gratuite de Dickie, le tue dans un accès de rage. Comme ils se ressemblent physiquement, Tom, usurpant l'identité de Dickie, se fait passer pour lui. Il doit ensuite donner le change et, lorsqu'il est sur le point d'être démasqué par l'horrible Freddie Miles (inquiétant Philip Seymour Hoffman), moins facile à tromper que la crédule Marge, il le tue lui aussi, tout en détournant les soupçons de la police sur Dikkie.  

Mon opinion sur ce film

Pour moi, ce film est un chef d'oeuvre, bien plus réussi que le roman original de Patricia Highsmith qui pèche par de nombreuses incohérences. Soutenu par des acteurs brillants (le talent de mimétisme de Matt Damon est véritablement impressionnant), par des paysages magiques (la côte amalfitaine, la Riviera, Venise), ainsi qu'une bande son remarquable : il faut savoir que, lors de la scène de "bœuf" dans une boîte de jazz, ce sont les deux acteurs, Jude Law et Matt Damon, qui interprètent sans aucun doublage plusieurs chansons. C'est un des grands moments de ce film où la musique joue un rôle primordial.

Le film existe en DVD. Je vous conseille, si vous en avez la possibilité, de le regarder dans la langue originale.