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vendredi 20 mars 2015

Andrew NICCOL (Réalisateur néo-zélandais)


Andrew Niccol est un scénariste, producteur et réalisateur néo-zélandais. Il est né le 10 juin 1964 en Nouvelle-Zélande et grandit à Aukland. A l'âge de 21 ans, il quitte la Nouvelle-Zélande pour se rendre à Londres où il fait ses premières armes dans la publicité pour la télévision.

La vente du scénario de The Truman Show lui permettra de réaliser son premier film,  Bienvenue à Gattaca. Son second film S1m0ne (Simone), ne sera pas très bien reçu par la critique malgré la présence d'AlPacino dans le rôle-titre.

Suivront, en 2005 Lord of war avec Nicolas Cage, film inspiré par le trafiquant d'armes Viktor Bout, puis Time out (In time, dans le titre original), avec Justin Timberlake et Amanda Seyfried (2011) qui, malgré son succès commercial, a été boudé par la critique. Personnellement, si je l'ai bien aimé, je l'ai trouvé nettement moins achevé que Bienvenue à Gattaca qui reste pour moi un chef-d’œuvre, non seulement du cinéma de science-fiction mais du cinéma en général.  

C’est aussi lui qui a réalisé l'adaptation du livre Les Âmes Vagabondes de Stephenie Meyer (sorti le 17 avril 2013).


Son prochain film, Good kill doit sortir courant 2015. Il s’agit de l’histoire d’un pilote de drone confronté à des problèmes de conscience. 

lundi 5 janvier 2015

TIME OUT d'Andrew Niccol (USA-2011)


Time out (2011) est le dernier film du producteur-réalisateur Néo-Zélandais Andrew Niccol, né en 1964. Il n'a pour l'instant que 5 films à son actif (un 6ème, en production).

Son tout premier film, Bienvenueà Gattaca (1997) stupéfia tout le monde par sa maîtrise et son esthétisme élégant. Ce film est considéré par beaucoup (dont votre serviteur) comme un chef d'œuvre inégalé. Le film qui a précédé Time out, Lord of war (2006) avec Nicolas Cage dans le rôle d'un marchand d'armes international d'un cynisme absolu, est aussi tout à fait remarquable.

Résumé

« Time out » signifie « Il est temps de… » (Sous-entendu, dans le contexte du fil, "de mourir"), ou encore « Le temps est écoulé ».

Dans cette société dystopique, où la population est arrivée au maximum de ce que les ressources de la planète peuvent nourrir, la génétique a permis de garantir à tout être humain de vivre en bonne santé jusqu’à ses 25 ans (ce qui, soit dit en passant, règle d'un seul coup les problèmes de la sécurité sociale et ceux de la retraite !) A partir de cet âge fatidique (au sens propre), un compteur se déclenche automatiquement pour chaque individu, donnant à chacun un "crédit-temps", le même pour tous. Si l'on veut vivre au-delà du temps qui vous est alloué, on doit "gagner sa vie" (et, dans le cas des héros du film, cette expression est à prendre au pied de la lettre).

Mais l’amoralité de l’être humain fait que, même si théoriquement les riches sont soumis aux mêmes règles que les pauvres, ils ont su s’organiser pour détourner les règles du « Time out » à leur profit et négocient le temps comme nos financiers négocient l'argent ou les ressources de la Terre, avec les conséquences que l'on sait.

Dans le monde de Time out, l'étalon n'est donc plus l'argent mais le temps. Mais cela revient au même : les pauvres, tenus par l'oligarchie qui édicte les lois, dans une situation de misère permanente, doivent travailler d'arrache-pied pour gagner leur vie. Les autres, vivant au-dessus des lois, dans un luxe éhonté, trafiquent : jeu, prostitution, affaires en tout genre… dans le but principal de « gagner du temps ».

Les puissants s’appellent entre eux les « immortels » et vivent presqu’éternellement dans leur ghettos doré, jeunes, riches et beaux pour l’éternité. Des « Gardiens du temps », dotés de pouvoirs illimités – mais, bien entendu à la solde des puissants  - sont chargés de faire respecter cet ordre a priori parfait.
Les choses changent brusquement pour Will (étonnant Justin Timberlake), simple ouvrier dans une usine,  alors qu’au cours d’une soirée dans un bar mal famé, il intervient pour sauver un richissime «immortel », Henry Hamilton (Matthew Bomer), venu s’encanailler. Celui-ci a perdu tout intérêt à la vie dorée et sans intérêt qu’il mène. Alors qu’il est ivre, il est attaqué par des malfrats qui veulent lui "voler son temps". Pour remercier Will de l’avoir aidé,  Henry lui fait cadeau de  son crédit temps et se suicide sans que le jeune homme n’ait pu l'empêcher de commettre ce geste définitif.
Mais ce genre de fait met en péril l’ordre établi et n’est pas du goût du chef des «gardiens du temps», Raymond Leon (Cillian Murphy) - déjà vu dans Inception - remonte la piste jusqu'à Will et l'accuse d’avoir assassiné Henry pour lui voler son temps.

Malgré tout le capital temps dont il dispose, Will n'arrive pas assez tôt pour sauver sa mère Rachel qui meurt sous ses yeux. Fou de douleur, il décide de se venger des riches et corrompus «immortels» en s’introduisant chez eux en se faisant passer pour l’un d’entre eux. Grâce à son crédit-temps illimité, il se fait inviter à une soirée où il fait la connaissance de Sylvia Weis (Amanda Seyfried) - vue dans Cher John -  la fille du milliardaire Philippe Weis  qui tombe amoureuse de lui et, ensemble, ils vont tenter de renverser le système et rétablir la justice et l'équilibre naturel des choses.

Mon opinion sur ce film

Je viens de voir Time out. A la différence de certains critiques, j'ai trouvé ce film excellent. Certes, il est moins abouti que Bienvenue à Gattaca qui, selon mon point de vue, ne sera jamais surpassé, mais son propos est intéressant et ne laisse pas indifférent à condition de ne pas se laisser arrêter par le fait qu'il est présenté comme un film de science-fiction. Ceux qui me suivent sur ce blog savent quelle réticence j'éprouve envers les classifications hâtives de films. Dans le cas des films dits "de science-fiction", je les trouve encore plus inadaptées. En fait, beaucoup de spectateurs se privent d'aller voir un film parce qu'il est catalogué « science-fiction" et je trouve cela regrettable. En effet, des films comme Inception, The adjustment bureau (stupidement traduit en français par "L'Agence", un titre tellement passe-partout qu’on l’oublie immédiatement, Minority report ou le très beau et très désespéré Never let me go pour ne citer que ceux-là...) méritent tellement mieux que cette classification réductrice : la science-fiction est un moyen pour l’auteur ou le cinéaste de se projeter librement dans l’avenir et d’imaginer ce que pourrait être une société si nous laissions la technologie nous dicter ses lois, en faisant abstraction de l’éthique et de la morale.

C’est bien le cas dans Time out. On y retrouve à la fois le propos de Lord of war (qui, emprunté à l’histoire d’un trafiquant d’armes international, est plutôt un film d’action) et celles de Bienvenue à Gattaca, film sur les dangers (et l'absurdité !) de l'eugénisme. Dans ce dernier film, la société était coupée en deux : d'un côté les « élus » (les humains sélectionnés génétiquement pour être parfaits et devant lesquels toutes les portes s'ouvraient) et les autres, auxquels étaient réservées les tâches subalternes. On le voit bien, ces sujets relèvent plus de la philosophie et de la politique (voire de l’économique) que de la « science-fiction ».  

Time out n'a jamais eu plus d'actualité qu'en ce moment, où tous les commentateurs nous rebattent les oreilles avec la crise économique qui n’est rien d’autre que la conséquence de la financiarisation du monde et la confiscation des richesses par une minorité, de plus en plus réduite, de plus en plus puissante et… de plus en plus amorale.

Certes, le film n’a pas la majesté ni la perfection glacée de Bienvenue à Gattaca qui restera, pour moi, comme je l’ai dit, un chef d’œuvre insurpassé, aussi bien par son esthétique travaillée, sa symbolique omniprésente, et ses acteurs charismatiques, Jude Law, Ethan Hawke et Uma Thurman. Certes, le scénario de Time out n’est pas parfait ni aussi maîtrisé que celui de ce film mais son propos est aussi inquiétant et doit nous faire réfléchir au-delà du simple divertissement que pourraient y voir certains.

Quant au casting, Justin Timberlake, qui m’avait déjà bluffé dans The Social Network où il ne tenait pourtant qu’un rôle secondaire, il montre dans ce film où il incarne Will, qu’il est un acteur de talent.  Amanda Seyfried, avec ses yeux immenses, joue aussi bien son rôle de pauvre petite fille riche qui se rebelle contre son père. Quant à Cillian Murphy, son regard glaçant en fait un parfait  "gardien du temps" sans autre morale que celle de défendre sa caste mais le pire personnage est encore Philippe Weis, le père de Sylvia, joué par Vincent Kartheiser, déjà vu comme le fils indigne d'Angel dans les dernières saisons de la série fantastique du même nom.

Un film à voir, et pas seulement pour les amateurs de films de science-fiction.  



lundi 29 décembre 2014

LORD OF WAR d'Andrew NICCOL (USA - 2005)


Lord of War (Seigneur de guerre) est un film américain écrit et réalisé par Andrew Niccol sur le trafic international des armes, sorti en 2005. Sans être à proprement parler un « biopic », ce film s’inspire, en particulier, du célèbre trafiquant d’armes international Viktor Bout.

Synopsis

Yuri Orlov (Nicolas Cage) et son jeune frère Vitaly (Jared Leto) sont nés dans l'Ukraine soviétique durant la Guerre froide ; leurs parents émigrent à cette époque aux États-Unis en se faisant passer pour des juifs persécutés. Rapidement, Yuri se fait une place dans le trafic d'armes en commençant à vendre à de petits acheteurs dans son quartier natal, Little Odessa, à Brooklyn. Il ne se préoccupe pas de l'idéologie de ses clients, ce n'est pas son affaire (« Ce n'est pas notre guerre »). Tant que des personnes veulent et peuvent acheter des armes, Yuri répond présent.

Vitaly hésite avant de se laisser convaincre de s’associer à Yuri et de le seconder dans ses affaires car il veut devenir cuisinier (« Il vaut mieux ne rien faire plutôt que faire ça »). Mais l'appel des « Frères d'Armes » est le plus fort. Lors d'une transaction, Yuri et Vitaly se retrouvent contraints d’accepter de la drogue à la place de l'argent convenu. Vitaly deviendra vite accro, jusqu'à s'enfuir avec un sachet entier de cocaïne. Il sera rattrapé par son frère qui essaiera de le faire désintoxiquer.

Yuri n’en continue pas moins sa vie de trafiquant d'armes. Parallèlement,  marié au mannequin Ava Fountain, qui ignore sa véritable activité, il mène une vie rangée de bon père de famille. Doté d'un cynisme à toute épreuve qui lui permet d’ignorer sa conscience, Yuri Orlov sillonne le monde pour vendre ses armes. Son frère lui demande un jour si sa femme est au courant et il lui répond :

 « On ne parle pas de ces choses-là. Combien de vendeurs d'autos parlent de leur travail ? Combien de vendeurs de tabac ? Pourtant leurs deux produits tuent plus de monde chaque année que les miens. Et sur les miens, il y a un cran de sureté. Si ces gens peuvent oublier leur travail quand ils rentrent chez eux, je le peux aussi. »

Un jour cependant, sa femme découvre ce qu’il est vraiment et d’où il tire ses considérables ressources et il décide de se ranger. Mais André Baptiste, le président du Libéria, qui est son principal client, le force à y revenir. Pourtant, de plus en plus pessimiste, Yuri commence à nourrir des scrupules, et va jusqu'à avoir cette pensée, reprenant une phrase que l'on attribue à Edmund Burke : « On dit : le mal triomphe partout là où les hommes de bonnes volontés ont échoué. Il suffirait de dire : le mal triomphe partout. »

Entre ses cas de conscience qui surgissent par moments et Interpol, représenté par l'agent Jack Valentine (Ethan Hawke) qui le traque, la vie de Yuri n’est pas simple...

 Distribution

  • ·         Yuri Orlov (Nicolas Cage)
  • ·         Jack Valentine (Ethan Hawke)
  • ·         Vitaly Orlov (Jared Leto)
  • ·         Ava Fountain (Bridget Moynahan)

Secrets de tournage

Pour réaliser ce film, Andrew Niccol s'est inspiré de cinq véritables trafiquants d'armes à partir desquels il a créé le personnage de Yuri. Il a même poussé la recherche jusqu'à prendre contact avec certains de ces « professionnels ». Le personnage d'André Baptiste, le président du Libéria, serait quant à lui basé sur le véritable ancien président de ce pays, Charles Ghankay Taylor, un personnage peu recommandable, condamné en 2012 par le Tribunal Pénal International pour crimes contre l’humanité.

La plupart des événements du film sont inspirés de faits réels comme la libération assez mystérieuse d'un trafiquant d'armes arrêté aux États-Unis.
Andrew Niccol a utilisé un certain nombre de véritables armes, qui revinrent moins cher à la production que des armes factices !

Pour un des plans du film censé se situer en Ukraine, au lieu d'utiliser les images de synthèse pour recréer une cinquantaine de chars d'assaut, il trouva un collectionneur tchèque possédant 100 chars T-72 de fabrication russe qui accepta de lui en louer quelques-uns. Il explique cela ainsi : « En fait, je suis allé en République Tchèque et ai trouvé un type qui possède, à titre privé, 100 tanks T-72 russes. Cela ne lui a posé aucun problème de me les louer (...) Quand un type vous dit : je peux te livrer 50 tanks, je te les apporte mardi à 9h du matin, vous êtes sûr de les y trouver tous parfaitement alignés ». Les chars furent vendus peu après le tournage. Il acheta également 3 000 AK-47 authentiques qu’il paya moins chers que des fac-similés.

Niccol dut signaler à l'OTAN qu'il tournait un film afin que ceux-ci ne prennent pas d'éventuels clichés satellites du tournage pour une armée en formation.
Le tournage s'est déroulé aux États-Unis (New York et Wendover), en Afrique du Sud et en République tchèque.

Ironiquement, le nom de Yuri Orlov est également celui d'un chercheur en physique nucléaire, ancien dissident soviétique et activiste des Droits de l'homme.

Erreur

Dans la version originale du film, le Libéria est présenté comme un pays francophone, alors qu'il s'agit en réalité d'un pays anglophone.

Mon opinion sur ce film

Un film « coup de poing » qui montre le jeu trouble que jouent les grandes puissances qui, d’un côté, dépensent des milliards pour « défendre la paix dans le monde » tout en fermant les yeux sur les trafics lucratifs lorsque cela les arrange. En complément de ce film, je vous suggère de voir Blood Diamond car il montre où aboutissent ces armes et l’épouvantable usage qui en est fait par les soi-disant guérillas, en particulier en Afrique (mais pas seulement) pour le plus grand profit de ceux qui les produisent. Une vision très pessimiste de l’humanité mais un point de vue salutaire pour ceux qui ne veulent pas fermer les yeux. En prime, vous découvrirez de grands acteurs : on sait que Nicolas Cage est un grand acteur, même s’il n’a pas tourné que des chefs-d’œuvre (par ex. la série des Benjamin Gates). Il surprend néanmoins dans ce rôle difficile, parfaitement crédible en trafiquant sans état d'âmes (quoique...). J’ai personnellement aussi découvert un autre acteur dont je n’avais pas, jusque-là, mesuré le talent. Il s’agit de Jared Leto, qui joue Vitaly, le petit frère de Yuri. Par sa fragilité, il m’a rappelé un autre superbe acteur, le regretté River Phoenix.

Musique du film : La bande son de ce film est particulièrement remarquable par son incroyable éclectisme.  Elle lui ajoute une dimension humaine qu’on n’aurait pas imaginée dans un film de ce genre.

  • Stop Children What's That Sound, interprété par Buffalo Springfield
  • Good Morning Vietnam, de Jefferson Airplane
  • By Sea, composé par Antonio Pinto
  • Money (That's What I Want), interprété par Flying Lizards
  • La Vie en rose, interprété par Grace Jones
  • Young Americans, interprété par David Bowie
  • Coyita, interprété par Gustavo Santaolalla
  • Cocaine, interprété par Eric Clapton
  • It's the Most Wonderful Time of the Year, interprété par Andy Williams
  • Le chant des bateliers de la Volga, interprété par The National Tatarstan Orchestra and Choir
  • U Ready to Die, interprété par Quake
  • Fade Into You, interprété par Mazzy Star
  • Bombay Theme Tune, interprété par Allah Rakha Rahman
  • Hallelujah, interprété par Jeff Buckley
  • D-Tune, interprété par Zino and Tommy
  • A Kiss to Build a Dream On, interprété par Louis Armstrong
  • O, Little Town of Bethlehem, interprété par Sidney James
  • Kill That, interprété par SX-10
  • Glory Box, interprété par Portishead
  • Diarabi, interprété par Issa Bagayogo
  • Mama Africa, interprété par Young Bakubas
  • Bobo-Dioulasso, interprété par Cheikh Lô
  • Le Lac des cygnes, composé par Piotr Ilitch Tchaïkovski
  • La Chevauchée des Walkyries, composée par Richard Wagner
  • Conscience, composé par Antonio Pinto
  • The Promise, composé par Antonio Pinto

mercredi 15 mai 2013

LES ÂMES VAGABONDES d'Andrew Niccol (2013)



Les âmes vagabondes est l'adaptation cinématographique par Andrew Niccol (2013) du livre de Stephenie Meyer,l'auteur de la saga TwilightThe host (l'hôte).   

Synopsis

A une date indeterminée du futur, la Terre a été envahie par une race extraterrestre, les Âmes (The souls), qui, ne possédant pas de corps, utilisent les corps des humains comme des "hôtes". Leur but en venant sur Terre est, d'une part de trouver des corps, mais aussi de sauver la planète de la destruction et de transformer les humains en une espèce pacifique, qui ne se fera plus la guerre et ne passera pas son temps à menacer la survie de son espèce. Mais, en faisant cela, ils détruisent aussi tout ce qui fait qu'un être humain est humain. 

Ce dilemme a souvent déjà été abordé par la science-fiction, en particulier dans Le jour où la terre s'arrêta, de Robert Wise de 1951 (remake par Scott Derrickson en 2008 avec Keanu Reeves).
   
Mélanie Stryder (Saoirse Ronan) est une jeune fille humaine qui a réussi, avec son jeune frère Jamie Stryder (Chandler Canterbury), à échapper aux aliens qui ont voulu s'emparer de sa famille et survit en s'introduisant dans les maisons abandonnées pour y voler de la nourriture.

Un jour, elle tombe sur Jared (Max Irons), un humain rescapé, dont elle tombe amoureuse. Ensemble, ils survivent quelque temps jusqu'à ce que Mélanie, lors d'une de ses expéditions de survie, ne soit faite prisonnière par une équipe de Traqueurs, chargés, comme leur nom l'indique, de "traquer" les humains restants pour les "implanter". Pour leur échapper, elle choisit de se suicider en se jetant du haut d'un immeuble (dans le livre, elle se précipite dans une cage d'ascenseur vide). En se sacrifiant ainsi, elle pense permettre à son petit frère et à Jared de s'enfuir.

Mais c'est sans compter sur l'extraordinaire technologie des aliens qui ramènent son corps à la vie et, après l'avoir "réparé" (car, pour eux il n'est rien d'autre qu'une machine biologique), ils l'implantent avec l'âme de Vagabonde. 

La cohabitation entre Mélanie 'Mel' et Vagabonde, l'entité extraterrestre, se passe plutôt mal car l'humaine qui a toujours été très combative, refuse de s'effacer au profit de l'entité qui l'habite. Finissant par reprendre le contrôle de son corps, Mélanie/Vagabonde échappe à la Traqueuse (glaciale Diane Kruger) qui lui est affectée et s'enfuit en voiture dans le désert pour retrouver Jared et Jamie.

Après une dispute entre Mélanie et Vagabonde, la voiture quitte la route et se retourne. Mélanie/Vagabonde, blessée, s'extrait de la voiture et elle part à pied  dans le désert en direction du refuge où Mélanie pense retrouver son frère et Jared.

Elle est retrouvée, déshydratée, sous un arbre, par Jebediah Stryder 'oncle Jeb' (William Hurt) et un groupe de résistants qui, découvrant qu'elle héberge un alien, veulent la mettre à mort. Mais oncle Jeb s'oppose à cette exécution et la ramène au refuge aménagé dans les grottes d'un massif volcanique où se cache une petite communauté d'humains.

Dans un premier temps, la communauté, craignant que Mélanie ne soit un traître envoyé par les aliens pour infiltrer leur refuge, la tient en quarantaine. L'un de ses ennemis les plus acharnés est Jared. Mais Jamie, reconnaissant en elle sa sœur, prend sa défense et, peu à peu, la communauté la tolère et commence à lui faire confiance. L'un d'entre eux, Ian (Jake Abel), sensiblement du même âge que Jared, en tombe même amoureux.

Mais la Traqueuse n'a pas dit son dernier mot et elle poursuit avec acharnement ses recherches qui la rapprochent toujours davantage du refuge.

Un jour, alors qu'ils récoltent du blé, Jamie se blesse à la jambe d'un coup de faucille; sans antibiotiques, la blessure s'infecte et sa vie est en danger. En effet, la technologie des aliens est tellement plus évoluée que la technologie humaine que plus aucun hôte ne tombe malade. De ce fait, il n'existe plus aucun stock de médicaments. La seule manière de sauver Jamie est d'aller voler des médicaments aliens directement chez l'ennemi. Mélanie/Vagabonde propose donc une opération risquée : se faisant passer pour une alien blessée, elle ira voler parmi les siens le traitement qui guérira Jamie.

Enfin convaincus qu'elle n'est pas dangereuse pour la communauté des réfugiés, ceux-ci finissent par l'adopter comme une des leurs.

La fin est surprenante et inattendue, mais je n'en dirai pas plus pour ne pas déflorer l'histoire pour ceux qui n'ont pas encore vu le film ou lu le livre.

Mon opinion sur le film

Je n'avais pas du tout accroché avec le récit original de Stephenie Meyer dont j'avais pourtant beaucoup aimé la saga Twilight. Pour moi, le livre "The host"  est loin d'être un chef d'œuvre et je me demandais ce que donnerait un film qui en serait tiré. 

Eh bien, je dois reconnaître que, pour une fois, le film m'a paru bien supérieur au livre. Il faut dire que plus qu'une simple adaptation, le scénario a été entièrement réécrit par Andrew Niccol qui est aussi le réalisateur de Bienvenue à Gattaca (1997), de Lord of war (2006) ou de Time out (2011), trois films excellents. Il n'a gardé du livre que sa trame principale, l'a allégé d'une bonne partie de ses confuses péripéties, y ajoutant une approche poétique et l'émotion qui manque au livre, le tout filmé sur fond de splendides panoramas du désert du Nouveau Mexique.

Dans ce film, comme il avait su le faire dans Bienvenue à Gattaca, le côté science-fiction est plus suggéré que montré, ce qui me convient personnellement très bien car je déteste la surenchère d'effets spéciaux absurdes auxquels se livrent actuellement la plupart des réalisateurs. Au contraire, Andrew Niccol privilégie la dimension philosophique de l'histoire qui est celle de la cohabitation difficile de deux espèces vivantes qui n'ont pas les mêmes buts et que tout oppose.          

Mon classement

4/5 : Un grand bravo au réalisateur pour avoir fait d'un livre très moyen un bon film de science-fiction.


lundi 13 mai 2013

BIENVENUE A GATTACA (USA-1997)



Bienvenue à Gattaca (1997) : Bienvenue dans un monde génétiquement modifié !

Film américain d'Andrew Niccol sorti en 1997. Premier film de ce réalisateur qui réalisa aussi Lord of war (2006) et dont le dernier film est Time out (2011). 

Synopsis

Dans un futur proche et non précisé, la société, devenue hautement technologique, pratique l'eugénisme au quotidien. Gattaca est un centre d'études et de recherches spatiales pour des jeunes gens au patrimoine génétique impeccable.

Vincent Anton Freeman (Ethan Hawke) est un enfant né "naturellement" car ses parents ont décidé, pour leur premier enfant,  de se passer des services de la science, préférant laisser son avenir au hasard. Malheureusement, son avenir est entaché par cette décision car il est considéré comme « imparfait » et, même si théoriquement cela est possible, il ne pourra jamais réaliser son rêve, celui de devenir astronaute et d'’entrer à Gattaca, qui ne sélectionne que les sujets génétiquement « parfaits ». Son avenir est tracé : ce sera celui d'un sous-homme, destiné aux tâches subalternes.

Son frère cadet, Anton (Loren Dean), a, lui, été génétiquement sélectionné pour faire partie des meilleurs.
Vincent décide, malgré tout, et au prix d’énormes sacrifices, de jouer le tout pour le tout et d'’entrer à Gattaca coûte que coûte en empruntant la personnalité de Jérôme (Jude Law). Celui-ci, né parfait,  a été rendu impotent suite à un accident et se retrouve paralysé des jambes. Son accident l'a rendu désabusé et cynique et il se prêtera au jeu de Vincent et, à la fin, faisant preuve d'un altruisme que l'on n'aurait pas attendu de lui, il s'effacera pour permettre à Vincent de réaliser son rêve et de partir pour les étoiles.

Le film va bien au-delà d’un simple film de Science-Fiction. Le terme Gattaca fait référence aux quatre nucléotides qui forment la molécule d’ADN : la Guanine, la Cytosine, l'Adénine et la Thymine. Si l’on y fait attention, la symbolique de l'ADN (la double hélice) est le "fil rouge" du film, à commencer par le générique de début, où les lettres G, A, T et C apparaissent ou dans l’escalier hélicoïdal de l'appartement de Jérôme.

Les acteurs, Jude Law (Jérôme), Ethan Hawke (Vincent), Uma Thurman (Irène), sont extraordinaires. 

La réalisation est soignée à souhait, l'’image, glacée, les décors mêlant la technologie la plus futuriste et des éléments anachroniques (une DS Citroën, …) font tout pour désarçonner le spectateur.

Un très beau film, qui mérite d’être mieux connu. Pour moi, ce film est un chef d'œuvre du cinéma, un grand film de science-fiction, mais son contenu, philosophique et humain, interpelle et fait réfléchir bien au-delà du simple divertissement.