vendredi 4 avril 2014

PERFECT MOTHERS d'Anne Fontaine (2013)



Perfect mothers d’Anne Fontaine (2013)

Perfect Mothers (Adore ou Adoration, initialement intitulé Two Mothers) est un film franco-australien réalisé par Anne Fontaine, sorti en 2013. Il s'agit d'une adaptation de la nouvelle  « Les Grand-mères » (The Grandmothers) de Doris Lessing, publiée en 2003. Le film est présenté sous le titre Two Mothers au Festival du film de Sundance 2013.

Synopsis

Lil (Naomi Watts) et Roz (Robin Wright), sont deux amies d’enfance qui vivent en Australie, dans un endroit idyllique, sur la baie de Nouvelle-Galle. Roz travaille dans une galerie d’art, Lil, dans une entreprise de nautisme. Elles ont deux grands fils de 19 ans. Lil est la mère de Ian (Xavier Samuel), Roz, celle de Tom (James Frecheville). Lil a perdu son mari dans un accident de la route alors qu’Ian était très jeune et elle a dû l’élever seule. Roz est mariée à Harold, professeur d’art dramatique, carrière qu’envisage aussi de faire son fils.

Lil et Roz sont inséparables. Toutes les deux ont la quarantaine épanouie. Leurs fils ont maintenant 19 ans. Comme leurs mères, ils sont très proches, ont toujours tout partagé, en particulier leur amour pour le surf qui occupe tous leur temps libre.

Alors qu’Harold vient de recevoir une proposition professionnelle intéressante et se fait une joie d’aller travailler à Sidney, sa femme et son fils ne peuvent se faire à quitter la vie harmonieuse qu’ils mènent sur la Baie de Nouvelle-Galle. A cela s’ajoute le fait que Ian, qui a grandi auprès de l'amie de sa mère, en est tombé profondément amoureux. Profitant du départ d’Harold et du flottement qui s’est installé dans leur vie pour lui déclarer son amour. Séduite par la jeunesse et la beauté de Ian, elle lui cède. Ils sont surpris par Tom, qui, perturbé par cette découverte, décide de se venger en séduisant à son tour la mère de Ian. Lil repousse dans un premier temps les avances de Tom, mais celui-ci lui révèle les rapports de son fils avec sa propre mère. Veuve et célibataire depuis des années, elle aussi a vu grandir Tom sans s'avouer que son regard sur lui avait progressivement changé. Mères et fils forment désormais respectivement un couple à quatre aux relations croisées.

Après deux années de vie commune, les deux couples commencent à faire face à de nouvelles tensions. Tom, parti chez son père qui a refait sa vie à Sidney, est  devenu metteur en scène. Au cours d’une répétition, il tombe amoureux d’une jeune actrice de son âge et il décide de l'épouser. Bien que s'attendant à ce que son idylle avec le fils de son amie ait une fin, Lil vit difficilement ce moment. En accord avec Lil, Roz décide alors de mettre fin à sa relation avec Ian, resté très amoureux et profondément blessé de cette décision unilatérale. Elle le pousse dans les bras d'une jeune femme de son âge, Hannah, qui tombe enceinte. Lil et Roz deviennent deux jeunes grand-mères et s'occupent désormais de leurs petites filles, les familles restant toujours très unies dans leur retraite paradisiaque. Malgré les apparences, Ian et Tom n'ont cependant pas pu totalement faire taire leurs sentiments envers leur premier amour. Un soir, Ian découvre que Tom continue d'entretenir une relation avec sa mère : fou de rage et d'amour, il explose et, dans un esclandre, il révèle la chose à Roz devant les deux jeunes épouses. La déflagration est totale. Les jeunes femmes, folles de douleur, repartent pour Sidney. Après leur départ, Tom et Roz, Lil et Ian, reprennent leurs relations comme avant.  

Mon opinion sur ce film

Ne nous le cachons pas, le scénario d’amours croisées entre mères et fils pourrait choquer s’il s’agissait de relations incestueuses. Mais il n’en est rien : Lil et Roz sont deux amies et Tom et Ian, leurs fils, sont adultes. Si l’on y réfléchit, il n’y a absolument rien d’anormal et encore moins d’amoral dans une relation entre une femme d’une 40e d’années et un  jeune homme qui a la moitié de son âge. C’est même quelque chose qui se produit souvent. Dans le cas de Perfect mothers, les quatre protagonistes sont adultes et consentants et, à part le fait qu’ils sont amis depuis l’enfance, rien d’autre ne les lie, en tout cas pas les liens du sang.  Il n’y a, dans tout, rien de répréhensible. De plus, magnifiés par la beauté des paysages et de la photo de Christophe Beaucarne, les personnages recueillent notre sympathie pour une situation qui s’impose à eux et qu’ils n’ont pas cherchée.

Nous sommes très loin du scénario sulfureux de Nettoyage à sec, de la même réalisatrice (1997) où un jeune inconnu sans tabou (Stanislas Merhar) va faire exploser un couple de commerçants (Charles Berling et Miou-Miou) au quotidien particulièrement terne.  Il y avait dans ce film quelque chose de malsain qu'il n'y a pas dans Perfect mothers

Les acteurs

Les jeunes acteurs qui jouent les rôles de Tom et de Ian sont tous les deux australiens. Si le nom de James Frecheville (Tom), vous est inconnu, le visage de Xavier Samuel (Ian) vous dira sans doute quelque chose. En le voyant, il m’a fait penser à Hunter Parrish, qui joue le rôle de Silas Botwin, le fils aîné de Nancy Botwin, la mère indigne dealeuse de cannabis de la décapante (et pour le coup totalement immorale) série Weeds. En fait, en lisant sa biographie,  j’ai découvert qu’il avait tenu le rôle de Riley, le jeune étudiant qui, après avoir été transformé en vampire par Victoria, est mis en pièce par Edward au cours du combat contre les « vampires sauvages » dans l’épisode 3, Hésitation de la série Twilight.  

On ne présente plus Naomi Watts ni Robin Wright qui sont toutes deux des actrices confirmées qui ont chacune une bonne 30e de films à leur actif. 

Technique : Musique et photo

Un mot encore de la musique : elle a été écrite par Christopher Gordon, le compositeur de la BO de Master and Commander. Dès le début du film, le ton mélancolique du film est donné avec les notes du Nocturne op. 9 n°2 de Chopin égrenées au piano : tout ici n'est que luxe, calme et volupté. S'il y a de la passion et aussi de la violence, elles restent contenues tout au long du film. La musique accompagne avec discrétion et doigté l'émotion contenue qui parcourt le film. 

La photo de Christophe Beaucarne contribue aussi beaucoup à la beauté du film en sublimant le corps des acteurs par une lumière caressante et tendre. J'ai aussi remarqué que certaines scènes filmées à contre-jour, dans l'encadrement d'une fenêtre ouvrant sur la mer, font penser aux toiles d'Edward Hopper, où les personnages, presque toujours solitaires, le regard perdu, contemplent un paysage qui échappe à l'observateur. 

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