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lundi 4 mars 2019

LA FAVORITE film historique de Yorgos Lanthimos (US-IR-GB 2018)



La Favorite (The Favourite) est un film américano-irlando-britannique réalisé par Yórgos Lánthimos, sorti en 2018.

Présentation

Le film se déroule sous le règne d’Anne d’Angleterre (1702-1714) qui succède à sa sœur Marie sur les trônes d’Angleterre et d’Ecosse. Dernière souveraine de la maison Stuart, Anne (Olivia Colman) souffre d'une santé précaire et d’une instabilité mentale et meurt à l'âge de quarante-neuf ans. Politiquement, elle favorise les Tories (progressistes) au détriment des Whigs (conservateurs), principalement pour des raisons religieuses. Cependant, l'emprise des Whigs sur le pouvoir ne cesse de croître tout au long de la guerre de Succession d'Espagne jusqu'en 1710, date à laquelle Anne limoge de nombreux Whigs du gouvernement.

Le film porte surtout sur son amitié avec Sarah Churchill, l’épouse John Churchill, duc de Malborough chef de l’armée anglaise lors de la Guerre de succession d’Espagne (1701-1714). Sarah Churchill (Rachel Weisz), utilise son immense influence sur la reine pour la pousser à poursuivre la guerre, et tient tête à Robert Harley, comte d’Oxford (Nicholas Hoult) qui représente le parti Tory, favorable à la paix.

Un jour que Lady Sarah surprend Abigail Hill (Emma Stone), une simple employée aux cuisines, en train de soigner la reine avec des onguents de sa composition, elle la fait fouetter avant de se raviser devant l’amélioration de santé de la souveraine et, pour son malheur, la prend à son service. Car sous ses dehors de sainte nitouche, Abigail, qui est tombée dans la hiérarchie sociale à cause de malversations de son père, s’est jurée de retrouver son rang. Elle finit par se rapprocher suffisamment de la reine et devient sa favorite en titre, chassant Lady Sarah qui est renvoyée de la cour. Abigail obtient l’approbation de la reine pour épouser Samuel Masham (Joe Alwyn), un gentilhomme de la cour et ainsi retrouver son rang. Profitant de son influence, elle pousse aussi la reine à signer la paix et renvoyer une partie des députés Whigs.

Mon opinion sur ce film

Belle réussite esthétique, le film est une merveille en ce qui concerne les costumes, la lumière, la musique et les décors mais on nous y présente une reine alternant entre dépression et crises de quasi-démence, une cour complètement dévoyée, et des situations tellement outrancières que l’on sort de ces deux heures au bord de l’écœurement. Quel festival de vacheries ! Rien n’a été épargné à Olivia Colman, qui incarne la reine Anne, que l’on hait autant qu’on la plaint. Les actrices (Olivia Colman, Emma Stoneet Rachel Weisz) ont toutes les trois amplement mérité la pluie de récompenses qu’elles ont reçues.  



mardi 30 janvier 2018

A l'HEURE DES SOUVENIRS film de Ritesh BATRA (GB-2018)


À l'heure des souvenirs (The Sense of an Ending) est un drame britannique réalisé par Ritesh Batra, sorti en 2018. Le film est adapté du roman du même nom de Julian Barnes.

Présentation

Un vieil homme divorcé, Tony Webster, revit ses souvenirs de jeune homme. Au début du film, on le voit étudiant dans une soirée où il fait la connaissance de Veronica Ford (Freya Mayor), une jeune fille fantasque, dont il va tomber amoureux. Quelque temps plus tard, Veronica l’invite dans sa famille où il rencontre ses parents, sa mère, Sarah (Emily Mortimer) et son père David (James Wilby), ainsi que le frère aîné de Veronica, Jack (Edward Holcroft). Alors qu'ils sont seuls, Sarah fait des avances à Tony mais les choses en restent là. Plus tard, Tony présente à Veronica son meilleur ami, Adrian Finn (Joe Alwyn), un écorché vif, d'une intelligence supérieure à la moyenne. 

Un jour, il reçoit le faire-part de mariage de Veronica et d'Adrian. Furieux de ce qu’il considère comme une trahison, Tony écrit une lettre venimeuse à ses ex-amis, allant jusqu’à leur souhaiter d’avoir un enfant handicapé.

Il apprendra quelque temps plus tard qu’Adrian s’est suicidé mais il n’aura plus jamais de nouvelles de Veronica jusqu’au jour où il reçoit une lettre recommandée dans laquelle Sarah, la mère de Veronica, lui lègue une petite somme d’argent ainsi que le journal intime d’Adrian. Mais le journal ne fait pas partie de l’envoi. Tony se retourne vers les avocats chargés de la succession qui lui apprennent que l’exécutrice testamentaire est ... Veronica Ford mais que celle-ci refuse, bien qu’elle y soit légalement tenue, de communiquer le journal.

Finalement Veronica accepte de rencontrer Tony et lui apprend qu’elle a détruit le journal d'Adrian. Avant de le quitter, elle lui remet sans un mot une enveloppe qui contient la lettre terrible que leur avait écrite le jeune Tony à la réception de leur faire-part de mariage. Tony, la relisant, se rend compte des horreurs qu’il a écrites et tente de revoir Veronica pour s’excuser mais elle refuse tout contact.

Tony la suit et la voit avec un groupe de handicapés qui se rend régulièrement dans un pub. Parmi ces handicapés se trouve un garçon du nom d’Adrian. Il apprend alors qu’Adrian n’est pas le fils de Veronica et de son ex-meilleur ami mais le fils qu’a eu Sarah avec Adrian. Il comprend alors sa méprise et s’en veut doublement d’avoir écrit cette lettre alors qu’il était étudiant.

Il tourne alors définitivement la page et se rapproche de Margaret, son ex-femme, et de sa fille Susie qui vient d’avoir un bébé.  

Mon opinion sur ce film

La critique de Pierre Murat, dans Telerama, s'ouvre sur ce titre : "Poignant" et se termine par ces mots : "Cruauté et sensibilité ; le réalisateur de The lunchbox fait du roman de Julian Barnes iune formidable réussite romanesque." Or, je dois confesser que j'ai surtout ressenti, au long de ce film qui ne fait qu'1 H 48, plus d'ennui que d'émotion, malgré toute la sympathie que l'on peut éprouver pour le jeune et charmant Tony. Rythme très lent, trop nombreux flashbacks, difficile connexion entre les histoires parallèles du jeune Tony (Billy Howle) et du Tony âgé (Jim Broadbent). Heureusement qu’il y a ses coups de colère risibles de Tony senior et ses échanges empreints d'un humour décalé avec son ex-femme et sa fille qui vient d'avoir un enfant. Avoir choisi de confier le rôle de Margaret à Charlotte Rampling, toujours aussi glaciale, était une bonne idée. Mais, malgré le talent des acteurs, cela ne fait pas un bon film.  

mardi 12 décembre 2017

RETOUR A HOWARDS END film de James IVORY (GB - 1992)


Retour à Howards End (Titre original : Howards End) est un film britannique de James Ivory sorti en 1992, basé sur le roman Howards End d'Edward Morgan Forster, publié en 1910. Ce film est la 3e adaptation par le réalisateur d’un roman de Forster. C'est une remarquable étude de mœurs de l’Angleterre édouardienne. Il marque la première collaboration entre James Ivory et les acteurs Anthony Hopkins et Emma Thompson, dont la performance a été couronnée par l’Oscar de la meilleure actrice en 1993, et qui se poursuivra avec Les Vestiges du Jour un an plus tard. Le film a obtenu le Prix du 45e anniversaire du festival de Cannes.

Résumé

Dans l'Angleterre de la fin du XIXe siècle, deux sœurs émancipées d’origine anglo-allemande, l’aînée, Margaret ‘Meg’ (Emma Thompson) et la cadette Helen (Helena Bonham Carter, l'horrible professeur Ombrage de Harry Potter) Schlegel, vont se lier d'amitié, à l’occasion de vacances en Italie, avec une famille de bourgeois anglais traditionnalistes, les Wilcox. Conviée à Howards End, Helen Schlegel a une aventure avec Paul (Joseph Bennett), le plus jeune fils des Wilcox. Désapprouvée par la famille, l'idylle tourne court et le jeune homme est écarté et envoyé au Nigeria où les Wilcox tirent leur fortune de plantations de caoutchouc. Bientôt, une profonde amitié naît entre Margaret et Ruth (Vanessa Redgrave), l'épouse du richissime et très rigide patriarche des Wilcox, Henry (Anthony Hopkins). Se sachant gravement malade, Ruth décide, en secret, de léguer à son amie Meg le manoir d’Howards End, qui est sa propriété personnelle. Malheureusement, ce n’est que sur son lit de mort qu’elle rédige un billet manuscrit la faisant son héritière. Lorsqu’ils découvrent le billet qui n’a pas été enregistré devant notaire, les Wilcox détruisent le testament.


De leur côté, les sœurs Schlegel rencontrent Leonard Bast (Samuel West), un jeune homme marié issu de la classe populaire, poète à ses heures, qui travaille dans une banque mais a du mal à joindre les deux bouts… Elles interviennent auprès d’Henry Wilcox pour le faire embaucher dans de meilleures conditions. Pabst démissionne mais Wilcox, ayant un compte à régler avec l'épouse de Pabst, une ancienne prostituée, ne tient pas ses promesses, et le jeune homme se retrouve au chômage.  

Mon opinion sur ce film

Je n'avais encore jamais vu ce film et j'ai profité de sa rediffusion sur Arte pour le voir. J’avais gardé un bon souvenir d'un des précédents films d'Ivory, Chambre avec vue (1986), adapté lui aussi d'un roman de Forster. Le film se passait à Florence, et j'avais été séduit par l'ambiance qui se dégageait des paysages mais, lorsqu'on y réfléchit, l’intrigue elle-même avait beaucoup de points communs avec celle d'Howards End : même hypocrisie, même rigidité d'une bourgeoisie victime de ses codes, de ses faux-semblants, créant des fossés infranchissables entre classes sociales et le malheur des amants sincères... Certes, les costumes et les décors sont somptueux, le casting est-il impeccable, mais quelle pesanteur dans un scénario laborieux où les intrigues s’entremêlent pour une fin convenue.

Je vous recommande plutôt :



vendredi 12 mai 2017

MOI, CESAR, 10 ANS 1/2, 1 m 39 film de Richard BERRY (FR-2003)



Moi César, 10 ans ½, 1m39 est un film français réalisé par Richard Berry, sorti en 2003.

Résumé

César (Jules Sitruk) habite à Montmartre. Il a 10 ans et demi et mesure 1,39 m. Garçon rond, plutôt timide mais réfléchissant énormément sur sa condition d'enfant, adorant les desserts et les pâtisseries, est très amoureux de Sarah Delgado (Joséphine Berry), la première de la classe décrite comme la « plus belle fille de l'école », qui est aussi dans le cœur de Morgan Boulanger (Mabô Kouyaté) le meilleur ami de César.

Morgan, qui ne connaît pas son père, décide d’aller le retrouver à Londres où celui-ci réside. Sarah, qui parle très bien anglais parce que sa mère est d’origine anglaise, et César, son meilleur ami, l’accompagnent. Sur leur chemin, ils croisent Gloria (Anna Karina), une cinquantenaire sympathique et protectrice, qui va les aider dans leur folle aventure afin de retrouver Mr Fitzpatrick (Charley Boorman), le père de Morgan. Les trois amis partent sans rien dire à leurs parents dans un voyage qui leur réservera bien des aventures.

Autour du film

Le film a été présenté au Festival des films du monde de Montréal le 28 août 2003.
On peut voir dans le film des extraits et une parodie de Pulp Fiction. Maria de Medeiros, qui joue le rôle de la mère de César jouait Fabienne, la petite amie de Bruce Willis dans ce film.
C'est le deuxième film en tant que réalisateur de Richard Berry après L'Art (délicat) de la séduction (2001).

C'est Joséphine Berry, la fille du réalisateur, qui interprète le personnage de Sarah, qui s'inspire d'ailleurs d'elle-même.

Katrine Boorman, qui interprète la mère de Sarah, est la fille du réalisateur John Boorman. Vingt ans après Excalibur, elle retrouve son frère Charley, qui jouait aussi dans ce film.

Jean-Paul Rouve et Jules Sitruk s'étaient déjà croisés sur le tournage de Monsieur Batignole (2002) réalisé par Gérard Jugnot.

Richard Berry a choisi de filmer presque tout le film à hauteur des enfants :

« Je souhaitais replacer les choses dans ce regard des premières années. Tout ce que vit le personnage est perçu uniquement de son point de vue. Je suis donc parti de ce principe de subjectivité absolue, à travers mes propres expériences transposées. » Richard Berry

À l'origine, Richard Berry souhaitait un jeune acteur avec un certain embonpoint pour le personnage de César. Jules Sitruk dut alors porter des prothèses pour le grossir.

Mon opinion sur ce film


L'idée de départ était bonne : trois copains partent à la recherche du père de l'un d'entre eux sans se préoccuper des dangers et des risques qu'ils auront à braver. Mais le scénario est vraiment trop indigent pour qu'on y croie une minute. Dommage, car ce film gentillet se laisse cependant regarder malgré tous ses défauts : situations improbables, trop nombreux clichés sur l’enfance… Il faut dire qu'il repose exclusivement sur la prestation pétillante et la belle complicité des trois enfants, Jules Sitruk, en premier, qui joue le rôle de César. Après avoir interprété d’autres rôles où on l’avait particulièrement remarqué, Sans famille, 2000 et surtout Monsieur Batignole, 2002, sa bouille sympathique le rend toujours aussi craquant. Les deux autres jeunes acteurs, Mabô Kouyaté et Joséphine Berry, la fille de Richard Berry, sont aussi excellents et dament largement le pion à tous les acteurs adultes qui passent, pour la plupart (à part Jean-Paul Rouve et surtout Anna Karina), au second plan.   

Dans le même esprit, vous pouvez voir :