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jeudi 26 janvier 2023

LES BANSHEES D'INISHERIN Film de Martin McDONAGH (IRL-GB-USA 2023)

 


Les Banshees d'Inisherin est un film irlando-américano-britannique écrit et réalisé par Martin McDonagh sorti en 2022. Le film est présenté en avant-première mondiale à la Mostra de Venise 2022 où il remporte le Prix du meilleur scénario et Colin Farrell reçoit la Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine. Il reçoit plusieurs nominations aux Golden Globes et remporte bizarrement  le « Golden Globe du meilleur film musical ou de comédie » alors que Les banshees sont très loin d’être une comédie ! C’est à se demander si les jurés des Golden Globes ont vu le même film que moi.

Présentation

Nous sommes sur une minuscule île au large de l’Irlande en 1923. Alors que la guerre civile fait rage sur la grande île, tout semble calme sur l’île fictive d’Inisherin aux paysages magnifiques : ses quelques habitants vivent de l’élevage et se croisent régulièrement sur les chemins de terre et se  retrouvent dans le seul pub de l’île pour boire une pinte.

Cependant, les banshees veillent sur ce microcosme apparemment paisible. Les « banshees », ce sont des sorcières, des entités de l’autre monde, qui prédisent la mort de quelqu’un. En l’occurrence, à Inisherin, de rôle est dévolu à une vieille femme énigmatique, Mrs. McCormick (Sheila Flitton).

Pàdraick (Colin Farrell) vit avec sa sœur Siobhàn (Kerry Condon) ; il s’occupe de ses vaches, de son cheval et de son ânesse miniature apprivoisée, Jenny, qui est un membre de la famille.

Depuis toujours, il est ami avec Colm (Brendan Gleeson), un violoniste, jusqu’au jour où, sans savoir ni pourquoi ni comment, Colm refuse son invitation à aller boire le pinte traditionnelle au pub et refuse de lui parler.

Pàdraick ne comprend pas et veut des explications. La seule qu’il obtiendra de Colm est qu’il est trop « dull » (terne, ennuyeux) et qu’il l’empêche de se consacrer à écrire sa musique.

Pàdraick insiste car les explications de Colm ne le satisfont pas.

Colm, alors, le menace, s’il lui parle encore une fois, de se couper un doigt de la main gauche, celle qui tient le violon.

Malgré les conseils de ses amis, de sa sœur et de Dominic (Barry Keoghan, que l'on a vu dans Dunkerqueremarquable) l’idiot du village, Pàdraick ne prend pas la menace au sérieux et il a bien tort car, après qu’il a provoqué une nouvelle discussion avec Colm, celui-ci vient jeter son 1er doigt coupé sur la porte de sa maison.

Après cela, Siobhàn décide de quitter l’île pour un emploi en Irlande.

Comme Pàdraick insiste à nouveau, Colm se coupe les quatre doigts restants et vient à nouveau les jeter contre sa porte alors qu’il est absent.

Lors de son retour chez lui, Pàdraick rencontre la terrifiante McCormick qui lui annonce qu’il va y avoir deux morts. Et effectivement, lorsqu’il arrive chez lui, il trouve sa petite ânesse, qui s’est étouffée avec un des doigts de Colm, morte.

Fou de douleur, il se précipite chez Colm et lui annonce qu’il va mettre le feu à sa maison, ce qu’il fait peu après.

On croit tous que Colm a été tué dans l’incendie de sa maison mais ce n’est pas sa mort qu’annonçait Mrs. McCormick, mais celle du pauvre Dominic, que l’on trouve noyé dans un étang, sans comprendre, là non plus, la raison de cette mort (accident – il faut dire qu’on picole beaucoup dans ce film, meurtre, suicide ?...)      

Mon opinion

Le réalisateur, Martin McDonagh est le réalisateur des Three bilboards : Les panneaux de la vengeance avec Frances McDormand que j’avais vu en 2017.

Ce film étrange n’a rien à voir avec cette vengeance d’une mère qui achète trois immenses panneaux publicitaires pour dénoncer l’incurie du shérif qui, selon elle, n’a pas enquêté sérieusement sur le viol et le meurtre de sa fille.

Dans ce film, qui commence comme une comédie absurde et se termine en tragédie, on n’est pas loin des écrits d’un Samuel Beckett ou d’un James Joyce, deux Irlandais. Curieusement, j’ai aussi pensé à Theo Angelopoulos, qui définissait lui-même ses quêtes impossibles comme « l’esthétique du non-dit ». Sauf qu’ici nous n’avons pas la dimension politique toujours présente dans l’œuvre du cinéaste grec. En fait, après réflexion, de n’est pas tout à fait exact car, même si la guerre civile semble cantonnée sur la grande île, le réalisateur y fait référence, ne serait-ce que par la date, 1923, et les explosions que l’on voit de l’autre côté du bras de mer qui sépare Inisherin de l’Irlande.

Quoiqu’il en soit, ce film m’a laissé perplexe, ainsi d’ailleurs que la plupart des spectateurs qui l’ont vu en même temps que moi.   

 

     

 

 

lundi 4 juillet 2022

ET IL Y EUT UN MATIN Film dramatique palestinien de Eran KOLIRIN (FR-ISR 2021)

 

Et il y eut un matin est un film dramatique franco-israélien réalisé par Eran Kolirin et sorti en 2021. Le film est une adaptation du roman homonyme "Et il y eut un matin » de l’écrivain arabe-israélien Sayed Kashua, publié en 2006,

Résumé

Originaire d’un village arabe de Cisjordanie, Sami (Alex Bachri) vit à Jérusalem où il a obtenu un poste de responsabilité dans une société de télécommunications. Revenu dans son village, avec sa femme, Mira, et leur fils, Adam, pour assister au mariage de son frère Aziz, ils ne peuvent en repartir à Jérusalem car le village se trouve soudainement bouclé par l’armée israélienne. Coupé du monde, sans possibilité de s’expliquer avec ses employeurs car le village n’est pas desservi par le portable ne passe pas, il perd son emploi et tout ce qui faisait la réussite sociale dont il était si fier et dont il se glorifiait vis-à-vis de ses anciens amis et de sa famille. Plusieurs jours après, le blocus est levé aussi soudainement qu’il a été décrété « Et il y eut un matin ».

Distribution

  • ·         Alex Bachri : Sami
  • ·         Juna Suleiman : Mira
  • ·         Salim Daw : Tarek
  • ·         Eihab Salame : Abed
  • ·         Khalifa Natour : Mohamed
  • ·         Isabelle Ramadan : Zahara
  • ·         Samer Basharat : Aziz
  • ·         Doraid Liddawi : Nabil

Mon opinión

Je ne serais sans doute jamais allé voir ce film si j’avais su qu’il était du même réalisateur que Lavisite de la fanfare, que j’avais trouvé épouvantablement long et ennuyeux bien qu’il ait obtenu le Prix du Jury dans la sélection Un certain regard du Festival de Cannes 2007. Dire que j’ai été totalement emballé par Et il y eut un matin serait un peu exagéré mais je l’ai quand même apprécié, beaucoup plus en tout cas que La visite de la fanfare. Certes, on y retrouve les mêmes longueurs, mais on doit lui reconnaître le mérite de dénoncer l’injustice d’une situation où les Cisjordaniens sont « enfermés chez eux », victimes de décisions absurdes qui n’ont d’autre but que de les humilier et de les monter un peu plus contre Israël. J’ai beaucoup pensé en le voyant à un autre film 200 mètres, qui décrit une situation aussi absurde qu'intenable.

mercredi 28 octobre 2020

ADIEU LES CONS comédie d'Albert DUPONTEL (FR-2020)

 Adieu les cons est une comédie française réalisée par Albert Dupontel, sortie en 2020.

Présentation

Suze Trappet (Virginie Efira) apprend qu’elle n’a plus que quelques mois à vivre. Elle décide de partir à la recherche de l’enfant qu'elle a abandonné sous X, alors qu’elle était adolescente, une 20e d’années auparavant.

Parallèlement, on fait la connaissance de Jean-Baptiste Cuchas (Albert Dupontel), un technicien spécialisé dans la sécurisation des systèmes informatiques mis sur la touche à cause de son âge. Dépité, il décide de se suicider mais il rate son coup et provoque une catastrophe. Il est alors poursuivi comme un dangereux terroriste.

Suze s’enfuit avec lui et, au cours de leur cavale, ils entraînent dans leur sillage, M. Blin (Nicolas Marié), un aveugle pour le moins original, chargé de numériser les archives.

Après des péripéties rocambolesques, les trois larrons parviennent à trouver Adrien (Bastien Ughetto), le fils de Suze, un grand dadais qui n’ose pas déclarer sa flamme à la fille qu’il aime en secret.

Mon opinion

Ce film inclassable et fourre-tout surfe, aux limites de la folie, sur les travers de notre époque : dictature de l'informatique, hyperconnexion associée à une communication autistique, absurdité des lois et des règlements, administration tentaculaire, ambiance paranoïaque… L'ensemble donne une comédie douce-amère hypervitaminée mais non exempte de tendresse. On pense à la fois à Tati et à Raymond Devos (le sketch des sens interdits) transposés au 3ème millénaire. Un grand coup de chapeau à Virginie Efira qui réussit ici à nous émouvoir, et surtout à Nicolas Marié, que je connaissais dans le rôle psychorigide de l'imbuvable procureur Vladimir Quiring dans La Stagiaire. Il s'avère dans ce film être un remarquable comédien de l'absurde.  

   

lundi 16 décembre 2019

IT MUST BE HEAVEN comédie d'Elia SULEIMAN (FR/CA 2019)


It Must Be Heaven est une comédie franco-canadienne réalisée par Elia Suleiman, sorti en 2019. Ce film a obtenu la « mention spéciale du jury » au Festival de Cannes 2019.

Présentation

Le film se compose d'une succession de scènes se déroulant à Nazareth, en Palestine, puis à Paris, New-York et Montréal, avant de revenir à Nazareth. Le réalisateur, Elia Suleiman, qui est aussi l’acteur principal du film, regarde, perplexe et silencieux, ces tableaux souvent surréalistes.

Mon opinion sur ce film

A travers ce film étrange, juxtaposition de situations cocasses et surréalistes, qu'Elia Suleiman, qui joue son propre rôle, contemple avec perplexité, le réalisateur palestinien nous fait partager son sentiment d’un pays nié, son pays, la Palestine. Dans un film sur la Palestine, on se serait attendu à trouver des images de guerre ou du moins de violence. Il n'en est rien. Le réalisateur est plus subtil que cela. La violence est présente mais elle se dégage de l’absurdité qu’il décrit et regarde avec le même air étonné, que ce soit en France, à New York ou à Montréal, avant de revenir chez lui, dans son pays, et de profiter du citronnier qu'il a planté avant de quitter sa maison : au fond, c'est peut-être là qu'est le paradis ! On pense surtout à Jacques Tati mais aussi à Taxi Téhéran.

A voir aussi : 

- 200 mètres (2020)