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mardi 5 septembre 2023

MANHATTAN série américaine de Sam SHAW (USA - 2014/2015)

 

Manhattan est une série télévisée américaine en 23 épisodes de 42 minutes créée par Sam Shaw et diffusée entre le 27 juillet 2014 et le 15 décembre 2015 sur WGN America. En France, la série est en streaming gratuit sur la chaîne W9 (M6 replay).

Présentation

L'action se déroule en 1943. En plein désert du Nouveau Mexique, les autorités américaines ont créé à Los Alamos une base secrète où les chercheurs les plus qualifiés des Etats-Unis ont été rassemblés pour mettre au point, sous la direction de Robert Oppenheimer, la bombe atomique. Les scientifiques qui cohabitent avec les militaires, y vivent, coupés du monde, dans des conditions spartiates avec leur famille. Les principaux protagonistes de l’histoire sont :

- Charlie Isaacs (Ashley Zukerman), un jeune physicien surdoué, son épouse Abby (Rachel Brosnahan) et leur garçonnet ;

- Frank Winter (John Benjamin Hickey) et sa femme Liza (Olivia Williams), une brillante botaniste qui a mis sa carrière entre parenthèses pour suivre son mari, avec leur fille adolescente Callie (Alexia Fast);

Les deux chercheurs travaillent pour deux équipes concurrentes.

L’armée, toute puissante dans le camp, est dirigée par l’implacable colonel Darrow (William Petersen). Les mesures de sécurité et de secret sont drastiques : embauche des personnels après des tests très intrusifs sur leur vie antérieure, contrôlés au détecteur de mensonge, censure poussée jusqu’à l’absurde des courriers et des communications téléphoniques, interdiction aux scientifiques de parler de leur travail à leur épouse, adresse du lieu connue uniquement à travers une boite postale, etc. A la moindre suspicion d’espionnage ou de comportement déviant, débarquent les services secrets, en la personne de l’inquiétant Occam (Richard Schiff, le sympathique Dr. Glassman, protecteur de Shaun Murphy dans The Good Doctor), qui ont tous pouvoirs aussi bien sur les scientifiques que sur l’armée. Après un incident absurde au cours duquel l’un des scientifiques d’origine chinoise de l’équipe du professeur Winter est tué, la base se referme un peu plus en interdisant les relations entre scientifiques eux-mêmes.

Mon opinion  

 J’avais prévu de voir le film Oppenheimer réalisé par Christopher Nolan, sorti récemment mais pour diverses raisons, je n’en ai pas eu l’occasion. Je me suis rabattu sur cette série visible en streaming gratuit sur la chaîne W9 (plateforme M6 Replay). J’en suis au 6ème épisode et je suis accro même si je ne comprends pas tout. Je me suis particulièrement attaché à la personne du jeune et brillant physicien Charlie Isaacs. Son visage ne m’était pas inconnu. Je l’avais en effet découvert dans le rôle du hacker autiste Asperger de la remarquable série australienne The Code. J’ai aussi retrouvé Olivia Williams, dont j’avais beaucoup apprécié le rôle trouble dans l’excellent thriller politique The Ghost Writer de Polanski. Manhattan est une très bonne série que je vous recommande. Un peu ardu au début, vous serez vite happé par ce monde de la recherche où le moindre geste, la moindre parole, est tenue pour un secret d’Etat et où les personnages sont pris au piège comme ils le seraient à l'intérieur d'un accélérateur de particules.      

vendredi 21 septembre 2018

LE SEPTIEME FILS film fantastique de Sergueï BODROY (GB-USA-CA 2014)




Le Septième Fils (Seventh Son) est un film de fantasy britanno-américano-canadien réalisé par Sergueï Bodrov, sorti en 2014. Ce film est inspiré de la série L'Épouvanteur (The Wardstone chronicles) de Joseph Delaney.

Résumé

Il y a bien longtemps, une force maléfique menaçait de se déchaîner et de raviver la guerre entre les puissances surnaturelles et l'humanité. Pendant plusieurs décennies, le chevalier Maître Gregory (Jeff Bridges) avait enfermé la redoutable et maléfique sorcière Mère Malkin (Julianne Moore). Mais elle s'est désormais échappée et cherche à se venger. Convoquant ses adeptes, Mère Malkin s'apprête à déverser sa colère contre un monde qui ne s'y attend pas. Seul Maître Gregory peut encore s'y opposer. Dès lors, il lui faut initier son nouvel apprenti, le septième fils d'un septième fils : Tom Ward (Ben Barnes), à combattre la pire magie noire de tous les temps - mais il doit le faire d'ici la prochaine pleine Lune de Sang. Le dernier espoir de l'humanité réside dorénavant entre les mains de Thomas Ward auquel sa mère (Olivia Williams), mi-sorcière, mi-humaine, a remis un talisman (La pierre des Ward) qui lui permettra de vaincre Mère Malkin.

Mon opinion sur ce film

J’ai vu ce film lors de son passage à la télévision. Je le classe d’emblée parmi les « navets à grand spectacle », rejoignant en cela l’opinion de la plupart des spectateurs qui lui ont donné des notes désastreuses (2,5/5 sur Allociné,  3,7/10 sur Senscritique et 30% d’opinions favorables sur Metacritic). Difficile de comprendre comment des acteurs aussi renommés que Julianne Moore, Jeff Bridges, Olivia Williams ou encore Ben Barnes puissent se laisser convaincre de tourner dans de telles âneries.

Je vous recommande plutôt :


vendredi 10 janvier 2014

THE GHOST WRITER de Roman POLANSKI (2010)


The Ghost Writer est un film franco-germano-britannique de Roman Polanski, sorti en France le 3 mars 2010. C'est l'adaptation du roman L'Homme de l'ombre de Robert Harris, l'auteur de "Fatherland", bien antérieur à l'affaire Tony Blair (2007) mais la coïncidence relève presque de la prémonition.

Synopsis

En anglais, un "ghost writer" (mot à mot : écrivain fantôme) - souvent abrévié simplement en "ghost" (fantôme) - est ce que nous appelons, en français, un "nègre". Ewan McGregor, "nègre" à succès, est engagé pour écrire les mémoires de l'ancien premier ministre britannique, Adam Lang (joué par Pierce Brosnan).

Le ton est donné dès les premières images, tournées sur un ferry qui va accoster sur l'île de Martha's Vineyard, au large de la Nouvelle Angleterre (Etats-Unis). Tous les passagers débarquent, sauf une voiture qui reste sur le ferry... et pour cause. Son conducteur est mort noyé pendant la traversée et son corps ne sera repêché que plusieurs jours plus tard sur une plage de l'île. Le noyé avait pour nom Mike McMara. C'était le plus proche collaborateur et le "nègre" attitré d'Adam Lang. Il travaillait sur les mémoires de l'ancien premier ministre. Comme dans beaucoup de films de Roman Polanski, on ressent, dès le début, un malaise. On a peine à croire que le noyé, ivre, ait glissé sur le pont et soit tombé à l'eau sans que personne ne s'en rende compte. Un suicide, peut-être ? C'est la thèse officielle mais on en doute aussitôt...

A Londres, dans les luxueux bureaux d'une société d'éditeurs londoniens, un nouveau "nègre" (Ewan McGregor), est embauché pour poursuivre le travail interrompu. Il doit se rendre dans la villa d'Adam Lang sur une île, isolée au large de Boston (comme dans Shutter Island). C'est là que se trouvent le manuscrit et les notes de son prédécesseur. Ewan s'embarque donc pour les Etats-Unis pour se rendre sur l'île. Le premier contact est en soi menaçant : la maison avec ses formes massives de béton brut et de verre, isolée sur une lande encerclée par la mer et balayée par le vent et la pluie, entourée de clôtures électrifiées et surveillée par des gardes aussi aimables que des gardiens de prison, ressemble plus à un bunker militaire qu'à une accueillante villa de vacances.

L'intérieur hyper-design est à peine plus chaleureux que l'extérieur et ses occupants, depuis Ruth (Olivia Williams) l'épouse de Lang, jusqu'à sa collaboratice (et maîtresse), Amelia (Kim Cattrall), lisse et glacée, ainsi que le personnel qui s'occupe de la maison, sont aussi  accueillants que le reste de l'environnement. Dans cet univers hostile, tout est inquiétant : les images, la couleur d'abord. Tout est filmé dans toutes les gammes de tons froids : bleu, gris, noir. La maison, malgré son luxe intérieur, fait penser à un bunker de la 2ème Guerre mondiale, et son design intérieur fait plus penser à un musée d'art moderne qu'à une maison où l'on a envie d'habiter. Comme le "ghost" -  à qui on dénie toute identité (il n'a pas de nom) -, on se sent dès la première image pris au piège de la maison, de l'île, de cette histoire à laquelle on ne comprend rien, si ce n'est qu'elle recèle de lourds et dangereux secrets... On a de la peine pour Ewan car il nous paraît si sympathique et totalement désarmé face à des fauves d'autant plus dangereux qu'ils sont policés.

Ici, il s'agit d'un complot encore plus complexe. L'ancien premier ministre, Adam Lang est accusé par la Cour Internationale de La Haye d'avoir livré des terroristes présumés d'Al Quaida à la CIA qui les a fait torturer et s'est débarrassé de leur corps en les jetant depuis un avion dans l'Océan. On ne peut s'empêcher de penser à Tony Blair (Adam Lang est lui même Travailliste) et aux accusations de collusion avec la CIA pendant la guerre d'Irak qui ont été portées contre lui et qui ont précipité sa chute et celle des Travaillistes.

Excellent thriller qui m'a rappelé un autre film tout aussi haletant, La firme, où Tom Cruise, un jeune avocat aux dents longues, s'aperçoit trop tard qu'il travaille pour redoutable organisation mafieuse et qu'une fois engagé, il ne peut plus faire marche arrière ou, malgré sa fin grotesque, à L'associé du diable avec Keanu Reeves. 

Il est aussi curieux de penser que Roman Polanski a été arrêté en Suisse à la demande des Etats-Unis sous le prétexte d'une affaire de moeurs vieille de 30 ans, alors qu'il était en pleine postproduction d'un film qui mettait en cause la CIA, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Peu après, nous avons connu l'affaire Wikileaks, bâtie à peu près sur le même modèle, dont le fondateur, Julian Assange, a - toujours sous le prétexte d'affaires de moeurs non prouvées - été mis sous le coup d'un mandat d'arrêt international. Plus près de nous encore, nous avons l'affaire DSK, toujours sous le même prétexte... La CIA manque donc-t-elle à ce point d'imagination ??? ou a-t-elle systématiquement recours aux dérives sexuelles, réelles ou supposées, pour monter ses mauvais coups ? 

Dans le cas de Polanski, qui a la double nationalité française et polonaise, les circonstances auraient pu empêcher ce film de sortir. Heureusement pour lui (et pour nous), le film est sorti malgré son arrestation et sa mise en résidence surveillée en Suisse.

Le film, qui est une co-production franco-germano-britannique n'a d'ailleurs été tourné ni aux Etats-Unis ni en Grande Bretagne mais en Allemagne et au Danemark.

Mon opinion sur ce film

Ce film est une pure merveille et, à mon avis, le meilleur, avec Le pianiste (dans un tout autre genre) de toute la fiklmographie de Roman Polanski. Sa mise en scène ciselée au scalpel a d'ailleurs été fort justement récompensée par  l'Ours d'argent du meilleur réalisateur au Festival de Berlin.

A part la qualité de la mise en scène et de la photo, j'ai aussi beaucoup apprécié l'humour subtil (et très anglais) des dialogues décalés qui donnent à ce film une touche supplémentaire de raffinement. Les acteurs sont aussi excellents (Ewan McGregor, bien sûr, Pierce Brosnan, parfait en politicien roué et beau parleur qui paraît jusqu'au bout plus victime que coupable), mais aussi Olivia Williams (Ruth Lang, apparemment fragile et désespérée mais qui est en réalité une manipulatrice hors pair). La plus surprenante est Kim Cattrall (la secrétaire-maîtresse d'Adam Lang) que l'on connaît plutôt pour son rôle de Samantha dans "Sex and the city". Elle parvient, ici, à donner l'impression d'une femme parfaitement glaciale. Dans ce jeu de rôle, personne n'est ce qu'il prétend être, à part le "ghost writer", victime expiatoire de ce jeu de dupes superbement orchestré par un Roman Polanski au sommet de son art.

Ce film est celui d'un grand réalisateur à la maîtrise exceptionnelle. On y retrouve tous les leit-motivs de l'univers paranoïaque de Polanski au premier chef desquels le huis clos et l'enfermement, la menace voilée et non clairement désignée, le complot, l'ambiguïté, la duplicité...

Un des meilleurs films de cette fin 2009 début 2010 qui mérite amplement toutes les récompenses qu'il a obtenues.

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