jeudi 11 juillet 2013

DIVA de Jean-Jacques BEINEIX (FR-1981)


Ce film, réalisé en 1980 et sorti en 1981, a été le premier film de Jean-Jacques Beineix.

Synopsis

Jules (Frédéric Andréi) est un jeune facteur de 18 ans, fou d'opéra, qui voue une admiration sans bornes à la grande chanteuse lyrique Cynthia Hawkins (Wilhelmenia Wiggins Fernandez). Lors d'un concert qu'elle donne à l'opéra Garnier à Paris, il réalise un enregistrement pirate de sa prestation. Après le concert, il s'introduit dans sa loge pour lui voler l'une de ses robes de scène. Deux Taïwanais sont également là et ils poursuivent Jules pour lui voler son enregistrement et le commercialiser dans le monde entier car  la cantatrice, perfectionniste jusqu'au bout des ongles, s'est, jusque là, toujours refusée à autoriser tout enregistrement de sa voix.

Une autre histoire se mêle à la première : juste avant d'être assassinée devant la gare Saint-Lazare, une jeune femme, Nadya Kalenski, glisse sans qu'il s'en aperçoive, dans la sacoche de la mobylette de Jules, une cassette qui dénonce la responsabilité du commissaire Saporta en tant que chef d'un réseau de prostituées. 

Après une course poursuite époustouflante à mobylette à travers Paris, Jules, poursuivi à la fois par les asiatiques qui veulent s'approprier l'enregistrement de la cantatrice et les malfrats aux ordres du commissaire véreux,  finit par échapper à ses poursuivants en se réfugiant dans le loft où vit Serge Gorodish (Richard Bohringer) et sa troublante amie Alba (Thuy An Luu) qui le débarasseront de ses annemis en les retournant les uns contre les autres.

Dans l'intervalle, Jules se présente à l'hôtel de Cynthia pour lui restituer sa robe. D'abord furieuse contre lui, elle est séduite par la fragilité du jeune homme qui l'emmène à sa suite découvrir Paris (la scène du parc est une scène de pure poésie). Cynthia pardonnera d'autant plus facilement à Jules que, lors de la dernière scène, alors qu'elle est en train de répéter sur la scène du Châtelet, il lui rendra aussi la cassette dont il aurait pu tirer une fortune s'il l'avait cédée aux taïwanais.

Mon opinion

Je considère ce film comme un pur chef d'oeuvre et je le classe parmi les coups de coeur de ma filmographie personnelle. Le film s'apparente, par son thème et sa construction, aux polars noirs américains, à la différence que la couleur y joue un rôle de premier plan. Son ambiance est volontairement étrange et fait penser à Raymond Chandler par son côté déjanté mais aussi aux peintres surréalistes ou hyperréalistes comme Edward Hopper. Le film annonçait aussi la naissance d'une nouvelle manière de tourner, mêlant onirisme et réalité, qui privilégient le décor, l'image, le détail, au détriment de la cohérence, en s'attachant davantage au pittoresque des personnages qu'à leur vraisemblance. N'oublions pas non plus que ce film révéla l'acteur Richard Bohringer, dans le rôle d'un esthète un peu cinglé vivant dans un immense loft aux tonalités de "Grand Bleu".

Par contre, le héros du film, Frédéric Andréi, qui jouait le rôle de Jules le facteur, n'a pas eu la carrière qu'il méritait. Bien qu'il soit resté dans le métier, il n'a, depuis, interprété que quelques petits rôles au théâtre et au cinéma. Il s'est aussi essayé, sans grands succès, à la réalisation.

Beineix et Hadopi

Beineix s'est positionné en faveur de la loi Hadopi. Si j'étais cohérent avec moi-même, je retirerais cette critique de mon blog comme je l'ai fait pour d'autres mais j'aime trop ce film pour ne pas en parler, même si son réalisateur m'a depuis énormément déçu et qu'à part deux ou trois films, sa filmographie n'ait plus jamais été à la hauteur de cette superbe réussite que fut ce premier chef d'oeuvre.

Lorsque son film est sorti,  je suis sûr qu'il aurait aimé qu'on parle de lui car Diva a eu plus de détracteurs que de soutiens, tant il était en décalage avec ce qui se faisait à l'époque.

En ce qui me concerne, c'est l'un des films qui m'a le plus marqué par son ambiance, par son esthétique, par sa musique surtout. La bande originale est de Vladimir Cosma mais elle incorpore aussi plusieurs extraits d'opéra "La Wally" de A. Catalani, superbement interprétés par la grande cantatrice Wilhelmenia Wiggins Fernandez, "Suite en Ré mineur" de Bach au violoncelle solo, etc.

Mon classement : 5/5  (Chef d'oeuvre)

Si vous avez aimé ce film, vous devriez aussi aimer : 
  •  Chéri de Stephen Frears
  • Les dames de Cornouailles (Ladies in lavender) de Charles Dance
  • Once de John Carney
  • Bagdad cafe de Percy Adlon

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Vos commentaires, chers lecteurs, seront les bienvenus. Ils ne seront toutefois publiés qu'après modération et seront systématiquement supprimés s'ils comportent des termes injurieux, dans le cas de racisme, de caractère violent ou pornographique. Si vous souhaitez une réponse, n'envoyez pas un message anonyme mais laissez un nom ou un pseudo auquel je puisse vous contacter.